60% de vaccinés pour lever les mesures restrictives: Ali Bongo fait-il chanter les Gabonais ?

L’appel à la vaccination lancé par le numéro 1 Gabonais suscite plus des suspicions que des motivations ©DR

Cette information majoritairement commentée et partagée est celle qui manifestement a retenu l’attention des populations Gabonaises au terme de l’adresse à la Nation du président de la République, Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba. Alors que plusieurs Gabonais attendaient un discours annonçant entre autres, un allègement des mesures restrictives, ces derniers se sont vus servir une condition pour retrouver cette liberté. Une liberté dont ils sont privés depuis plus d’un an, au nom d’une crise sanitaire dont les chiffres ne justifient plus le maintien de l’état d’urgence. Il n’en fallait pas plus pour que d’aucuns y décèlent, dans cet appel du pied, comme un soupçon de filouterie. 

C’est vrai ! La déclaration du président de la République sur cette question de la vaccination tend à jeter un trouble dans la conscience collective des Gabonais tant elle oscille entre obligation et devoir républicain. « Il nous faut atteindre le chiffre de 60% de la population vaccinée afin d’envisager une levée totale des mesures de précaution liées à  la Covid-19. C’est pourquoi il est de votre devoir, je dirais national, de vous  faire vacciner », a indiqué le numéro un Gabonais pendant son discours.

Si le Chef de l’Etat dans cette déclaration, y a mis de la forme, une seule perception ressort. Dans un langage certes alambiqué, pour plusieurs concitoyens, le chef de l’exécutif a subtilement donné un ordre. « Allez vous faire vacciner faute de quoi les mesures barrières ne seront pas levées. Une fois la population vaccinée à 60%, on pourra penser à l’éventualité d’alléger et ou lever les mesures restrictives ». C’est ainsi traduit, qu’on pourrait résumer, selon certains compatriotes, le message délivré par Ali Bongo Ondimba. 

Cette même perception est celle qu’on a également pu observer au terme de la déclaration du Président de la République dans les réactions liées au discours qu’il venait de prononcer. « Est-ce du chantage ? Donc ce qu’on doit retenir de ce message c’est vaccinez vous pour être libre ? Auquel cas, vos libertés  fondamentales vous seront privées », a-t-on pu lire. Même son de cloche chez un autre compatriote, lequel a également décrypté le message du numéro un Gabonais dans le même esprit. « Le message est certes subtil mais clair, le Chef de l’Etat a demandé de vous faire vacciner sinon on reste dans l’État d’urgence. Donc allez vous faire vacciner, on va quitter ici. Nous les 40% sommes de tout cœur avec vous », a-t-on pu lire. 

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Pour d’autres, cet appel à la vaccination du Président de la République doit au contraire être suivi et même fortement encouragé car elle nous permettrait de desserrer l’étau dans lequel  les populations sont étouffées depuis avril 2020. « Je pense que cette mesure devrait être même plus fortement encouragée et bien expliquée car beaucoup trop pensent encore  que le vaccin va les empoisonner, les rendre stériles et autres idioties de ce genre colportés par des ignorants !!! Il faut bien que tous comprennent que ce pays doit sortir très vite de cette situation !! Alors oui faites vous vacciner pour retrouver la liberté et la joie de vivre ! N’écoutez pas les ragots sur facebook et autres ! », a-t-on pu lire dans un commentaire sur notre site d’actualité. 

Des réactions sommes toutes normales au regard du peu d’engouement suscité par cette campagne de vaccination. Un manque d’enthousiasme que l’on observe même au sein du gouvernement. Alors que le président de la République himself a montré l’exemple en se faisant vacciner au lancement de la campagne le 23 mars 2021, certains de ses ministres à l’instar du Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur se sont fait vacciner bien plus tard. 

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Lambert Noël Matha s’est effectivement fait vacciner le 4 août dernier. Dès lors, on peut légitimement se poser certaines questions. Pourquoi a-t-il attendu tout ce temps ? Était-il indécis ? Lui a-t-on forcé la main ? Sinon pourquoi avoir attendu 6 mois après le lancement de la campagne pour se faire vacciner ? Pourquoi les différents commandants en Chef montent-ils au créneau pour inciter les hommes de corps à se faire vacciner ? 

Ces différentes interrogations, plusieurs Gabonais se les posent, constamment sans pour autant obtenir, des réponses concrètes et cohérentes qui pourraient lever leurs suspicions et les craintes nées de l’administration de ce vaccin. Un vaccin d’ordinaire non obligatoire qui tend, insidieusement mais progressivement, à devenir impératif en République gabonaise. 

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