Covid-19: Caractère non obligatoire du vaccin, le jet de poudre de perlimpinpin d’Ali Bongo aux Gabonais

Le président de la République a t-il leurré les Gabonais ou a-t-il changé de stratégie de vaccination sans aviser ? ©DR

Covid-19: Caractère non obligatoire du vaccin, le jet de poudre de perlimpimpin d’Ali Bongo aux Gabonais 

Placée sous le sceau du volontariat dès l’annonce du lancement de la campagne de vaccination par le président de la République, un soir de mars 2021, la vaccination contre la Covi-19 a depuis pris une autre trajectoire. Graduellement et subtilement, à coup de notes internes, de déclarations et de communiqués, l’exécutif tend à imposer ce qui au départ était volontaire. Une réalité qui pousse les Gabonais à s’interroger sur le caractère sincère de la déclaration d’Ali Bongo Ondimba. 

Posture pleine d’aplomb, voix grave, ton solennel. C’était un lundi 22 mars 2021, à 19H45, le président de la République, Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba prenait alors la parole dans une adresse à la nation pendant laquelle il annonçait le démarrage imminent d’une campagne de vaccination contre le Covid-19 sur l’ensemble du territoire. 

Une campagne de vaccination qui marquait alors une étape importante dans la bataille menée depuis un an par le gouvernement pour venir à bout de la pandémie de la Covid-19. « Dans la guerre contre le Covid-19, notre pays dispose désormais d’un vaccin. Nous sommes fin prêts. Seront vaccinés en priorité les personnels de santé, les forces de sécurité et de défense, les personnes âgées et les personnes à risque », avait-il déclaré tout en se félicitant de cette avancée. 

Vaccination et Jeu de dupe 

Si le numéro un Gabonais, à l’occasion de ce discours à la Nation a tout naturellement invité ses compatriotes à se faire vacciner, il a sans ambiguïté, précisé que le vaccin n’avait aucun caractère obligatoire. « Je tiens à rappeler à tous que le vaccin n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé par les autorités sanitaires nationales et internationales », avait-il précisé. 

Des paroles d’une limpidité et d’une clarté sans équivoque, qui curieusement, sept mois après sonnent creux, tant le gouvernement censé suivre les instructions du président de la République, fait exactement le contraire de ce qu’avait déclaré leur supérieur hiérarchique. Du chef du gouvernement, Rose Christiane Ossouka Raponda, en passant par ses ministres aux commandant et chef de corps, tous, sont prétentieusement animés par la volonté de prendre des décisions opposées à la position du Chef de l’Etat. 

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Le 28 juillet dernier à travers une note d’information, c’est le secrétaire général du ministère des Eaux et Forêts sur instruction du ministre Lee White, qui conditionnait les missions de travail à l’intérieur du pays par l’obligation du vaccin anti-Covid, alors que la vaccination n’est pas obligatoire au Gabon. «Toute mission à l’intérieur du pays est désormais conditionnée à la présentation du carnet de vaccination à la Covid-19», pouvait-on lire. 

Même configuration des les forces armées gabonaises où les agents réfractaires à la vaccination ont été contraints à leur corps défendant, à se faire vacciner. C’était le 1er juin 2021 dernier. Le Général de Division Yves Ditengou, Chef d’État-Major Général des Forces Armées Gabonaises  déclarait lors de sa visite au Prytanée militaire du camp Baraka de Libreville, que la vaccination est obligatoire pour toutes les forces de défense et de sécurité du pays. ​​« Nous sommes une institution, une corporation qui est régit par des règles et adossée sur des valeurs cardinales que sont la discipline, l’obéissance, l’exemple. Certes le président de la République avait annoncé une vaccination sur le volontariat, mais vous vous rendez très bien compte que pour la vocation et le métier des armes que nous avons choisis, il n’est pas question de volontariat », avait-il martelé. 

Evidence obligation

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Récemment c’est la cheffe de l’administration gabonaise, Rose Christiane Ossouka Raponda qui par le biais d’une note a institué la vaccination obligatoire au sein de tous les ministères. « Le bon exemple commençant par le haut, le vaccin concernera: le Ministre; le Secrétaire général et son adjoint; l’Inspecteur général des services et son adjoint; le Directeur de cabinet du Ministre; les Directeurs généraux et leurs adjoints; les Directeurs et les chefs de service », précise la note. 

Dans un souci de précision, le Premier Ministre a clarifié les choses en étalant la vaccination aux simples agents. « Une fois les responsables vaccinés, il conviendra d’organiser la vaccination des simples agents », conclut la note. 

Avant elle, c’est une note émanant du commandement de la Garde Républicaine qui annonçait que désormais l’accès à la présidence de la République et à la garde républicaine pour toutes personnes civiles ou militaires étaient assujettis à la présentation d’un pass de vaccination.  « Le Général de brigade, Commandant en Chef de la Garde républicaine porte à la connaissance du personnel que l’accès à l’enceinte du Palais présidentiel, à l’État major, à l’infirmerie ainsi que à toutes les casernes de notre corps seront soumis à la présentation d’un justificatif de vaccination contre la Covid-19 à compter du lundi 1er novembre 2021 », a t-on pu lire sur la note. 

Des exemples entres autres qui consacrent le fait selon lequel le choix de l’administration du vaccin contre la covid-19, sous la parole présidentielle à la base volontaire,  tend à devenir obligatoire pour tous les Gabonais ou presque. Le gouvernement, les ministres, les commandants en Chef de différents corps d’armée contreviennent-ils volontiers aux déclarations du Chef de l’Etat ? Balaient-ils d’un revers les paroles d’Ali Bongo qui pendant son adresse à la Nation avait clairement déclaré que le vaccin n’est pas obligatoire ? 

Des questionnements certes mais des éventualités très peu probables. Tout porte à croire que les consignes viennent des plus hautes instances du pays, et par conséquent, de la première institution du Gabon, donc Ali Bongo Ondimba. Dans ce cas, pourquoi avoir placé le vaccin sous le sceau du volontariat pour le rendre en définitif obligatoire ? Les propos d’Ali Bongo Ondimba étaient-ils factices ? A-t-il leurré les Gabonais ? Les a-t-il floués par un jet de poudre de perlimpinpin ? À l’opinion et aux Gabonais de se faire leur propre idée de la démarche du Président de la République.  

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