Covid-19: le gouvernement veut relancer l’économie en monétisant à outrance les tests PCR

Les membres du gouvernement pendant la conférence de Presse ©DR

Libreville, 29 octobre 2021 (Dépêches 241).Le ministre de la Santé Guy Patrick Obiang Ndong a participé à la déclaration du gouvernement ce mercredi 27 octobre 2021. Accompagné de ses collègues des ministères de l’Intérieur et du Transport, les membres du Gouvernement ont annoncé l’augmentation du coût des tests PCR comme principale mesure pour relancer l’économie fortement impactée par la crise sanitaire actuelle. Cette mesure est jugée incongrue et grotesque par une partie de l’opinion. 

Inconséquence, absurdité, incohérence et irrationalité. Ce sont là les mots qui reviennent avec insistance depuis la sortie ahurissante des membres du gouvernement sur les raisons entre autres la fin de la gratuité des tests covid-19 désormais payant à 20.000 Fcfa pour les simples et 50.000 Fcfa pour les tests VIP. Des mesures qui entrent en vigueur le 15 décembre 2021.   

Après l’échec du Plan de relance économique (PRÉ) 2017-2019 ou encore du Plan  d’accélération de la Transformation (PAT) qui peine à convaincre, le gouvernement à ce qu’il semble, développe l’idée saugrenue de relancer l’économie gabonaise. Une économie sacrifiée sur l’autel de la crise de la covid-19 dans lequel la Gabon sous état d’urgence sanitaire depuis 2020, augmente la fracture sociale. 

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C’est du moins ce qui ressort de la conférence de presse du mercredi 27 octobre à laquelle prenait part le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, du Transport,  Brice Constant Paillat et celui de  la Santé Guy Patrick Obiang Ndong. Ces nouvelles mesures ont pour objectif de « revitaliser la politique de la relance de l’économie nationale tout en veillant à la préservation de la santé des populations  » a indiqué le membre du gouvernement.  

Au comble de l’indécence, Lambert Noël Matha et Guy Patrick Obiang Ndong en proférant de tels propos, assument clairement le procès en clochardisation de la population gabonaise qui leur est intentée. Comment penser pouvoir la relancer en monétisant à outrance les tests PCR ? L’idée semble incongrue. Car même sans être passé par une fac. d’économie, Guy Patrick Obiang Ndong ne peut pas ignorer que les leviers de la relance économique passent par la protection du capital humain. Laquelle implique entre autres la création d’emplois, la réduction du train de vie de l’Etat, et l’augmentation  du budget d’investissement. 

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Car il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’économie gabonaise est asphyxiée par un train de vie de l’Etat non seulement dispendieux mais surtout par une crise sanitaire qui a tué les activités économiques de plusieurs secteurs. 

Si ces nouvelles mesures ont sans surprises été saluées par les affidés du pouvoir,  pour le leader de la société civile, Marc Ona Essangui, « le gouvernement prend des mesure inadaptées pour lutter contre la covid-19 » a-t-il écrit. En faisant passer le coût des tests covid entre 20 et 50 000 fcfa sans se soucier de la pauvreté dans laquelle vit la majorité des gabonais, le gouvernement va davantage précariser les populations sans que l’on ne sache où va cette manne financière. Il se dit d’ailleurs que les recettes test covid rapportent à l’Etat une moyenne de 1 milliard fcfa par mois. 

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Ce montant devrait donc  logiquement augmenter dès lors que le coût du test PCR a été multiplié par 4. Guy Patrick Obiang Ndong et les responsables du Copil doivent donc justifier les dépenses que génèrent ces tests avant de penser à se faire plus d’argent en frappant au portefeuille des gabonais au motif d’une lutte contre une pandémie qui s’éternise et que  le gouvernement dit maîtriser depuis son apparition en mars 2020.  

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