Exclusion arbitraire des élèves-professeurs de l’ENS: le silence complice de Gabon télévision et Téléafrica

les deux chaines sont désespérément muettes en ce qui concerne le drame vécu par les élèves-professeur de l’ENS ©DR

Libreville, le 2 décembre 2021 (Dépêches 241). Depuis quelques jours, Fabien Bibang, Amédée Ulrich Mombo Nzatsi, Alain Ndong Mba et Edgard Nze Mbang Aboghe tous élèves-professeurs à l’Ecole Normale Supérieur (ENS), ont engagé une grève de la faim devant les locaux de cette institution, pour protester contre leur exclusion arbitraire. Un mouvement d’humeur que se refuse de relayer sur leurs antennes, Gabon Télévision et Téléafrica pour des raisons obscures. Analyse. 

Les chaînes de télévision Gabon 1ère et TéléAfrica se seraient-elles rendues complices du gouvernement toujours muet au sujet de la grève de la faim entamée depuis une semaine par quatre élèves-professeurs devant l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Libreville ?  Cette interrogation est à l’évidence un truisme, tant il est avéré, pour quiconque observe le fonctionnement de ces médias qu’ils sont aux ordres du pouvoir. Pour des raisons diverses certes, mais strictement pour la même finalité : ne montrer du Gabon qu’une facette qui honore les gouvernants. Cela n’a rien d’anormal nous dirait-on en considérant la situation générale des médias en Afrique centrale, encore plus lorsqu’on sait que le premier d’entre ces deux organes de presse est sous tutelle de l’Etat et le second quasiment de la famille présidentielle. 

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Mais ce qui est anormal et choque  dans ce qu’il convient désormais de désigner sous l’appellation de l’affaire ENS, c’est que ces médias aient choisi de faire silence même après être passés sur les lieux de ce qu’on pourrait désormais qualifier de drame pour recueillir des informations. Cela qu’on invoque des arguments pour l’expliquer ne se comprendrait pas autrement : quitus ne leur a pas été accordé pour la diffusion d’un tel fait. Et cela s’entend bien, puisque contacté, un journaliste reporter de Gabon Première nous a clairement signifié qu’il leur était interdit d’évoquer pareil sujet à l’antenne. Reste que cela est le moins scandaleux dans cette affaire. 

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Ce qui choque, c’est davantage l’arnaque que ces jeunes gens, à bout de force, parce qu’exposant leurs vies chacun pour obtenir justice, ont subi de la part de Télé Africa qui leur a garanti moyennant quelques sous négocier au travers d’un intermédiaire la diffusion d’un reportage afin d’interpeller l’opinion nationale. Hélas ! Vérification faite, il ne s’est rien dit de tel lors de leur journal télévisé hier lundi 29 à 20h. Du reste, le constat est qu’à l’indifférence de leurs condisciples normaliens et des citoyens, s’est ajouté le mutisme complice des médias visuels qui refusent d’oser exercer en toute conscience leur métier. Que nos gouvernants soient impassibles devant le drame qui se joue aujourd’hui sous leurs yeux, puisque l’un d’entre ces élèves professeurs au moment où nous écrivons vient d’être conduit dans un hôpital de la place à la suite d’un évanouissement profond, cela peut se comprendre. Mais, que les journalistes extorquent des sous à des personnes en détresse pour ne rien faire, cela est clairement inique et relève de l’escroquerie. Outrage…

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