Dernière décision de la Cour Constitutionnelle: Quelles leçons en tirer ?

La posture prise par Marie Madeleine Mbourantsouo est analyser et profondeur et gravité ©DR

Libreville, le 28 décembre 2021 ( Dépêches 241 ). Les récentes mesures gouvernementales sont actuellement le terreau d’un affrontement sans merci entre le gouvernement et le Copil Citoyen. Un affrontement arbitré par la Cour Constitutionnelle et sa décision du 24 décembre dernier, dont il faut nécessairement tirer les enseignements. 

Maintenant que tout est clair, que faut-il penser de ceux qui nous gouvernent ? Allusion est ici faite à l’annulation par la Cour Constitutionnelle, le 24 décembre dernier, c’est-à-dire il y a peu, du fameux arrêté N° 559/PM du 25 novembre 2021 fixant entrée en vigueur des nouvelles mesures restrictives de lutte contre la propagation de la pandémie de COVID-19. 

Ce qui est certain, parce qu’évident, c’est d’abord l’imposture dont a pu faire montre toute l’équipe gouvernementale, sinon du moins, ceux de ses membres présents à l’énonciation scénarisée, le 15 décembre dernier, de ces mesures sans fondement légale parce que procéduralement viciées. Pour en arriver là, seules deux hypothèses peuvent objectivement tenir :  la première serait qu’ils fussent tous parfaitement ignorants de la procédure légale de ce dont ils parlaient pourtant avec si grande assurance ; la seconde, qu’ils auraient peut être en toute conscience pris la responsabilité d’abuser du pouvoir qui leur est conféré dans l’exercice de leur fonction. Mais, on peut raisonnablement le constater, il s’agit dans l’un ou l’autre cas d’une faute grave. 

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Car, cette dernière idée, pour effrayante qu’elle soit, traduirait de la part de nos gouvernants une forme de désinvolture. Là s’ouvre par ailleurs une autre possibilité de réflexion. Elle autorise à penser l’existence de nettes fractures au sein de l’équipe gouvernementale. Ce par quoi des factions, selon leurs intérêts propres, agiraient sans plus recourir à la concertation de mise à cet effet. Allons donc à l’essentiel: les membres du gouvernement auraient-ils décidé de fragiliser leur cheffe ? Sinon on ne comprendrait pas cette dysharmonie de plus en plus perceptible au sein du gouvernement que dirige Madame Ossouka Raponda. À moins que l’ancienne mairesse de Libreville soit elle-même dépassée par la complexité et la difficulté de son rôle. Ce qui n’est pas non plus une hypothèse à exclure. 

Ou finalement, faut-il, à écouter les lieux communs, accorder du crédit à ceux qui estiment la guerre des tranchées ouverte ? Suivant cette perspective, on dirait que le désaveu des mesures gouvernementales par la Haute Cour, et particulièrement par Madame Marie Madeleine Mborantsuo sa présidente, apparaît comme un message clair envoyé à ceux d’entre les membres de ce gouvernement qui voudraient prendre des galons, alors même que les supputations sur les capacités du président de la République à prendre des décisions aux sommets de l’Etat ont encore été soulevées par le Copil Citoyen après la riposte du gouvernement. 

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En lisant la loi et en rendant strictement la justice, la Cour Constitutionnelle a t-elle signifié à certains membres du gouvernement aux velléités naissantes sa suprême autorité au regard notamment de la loi 003/2020 du 11 mai 2020 et du décret  N°00108/PR/MS du 10 Avril 2020 pris expressément par le président de la République en ce temps ? Cela est possiblement ce qui s’est joué dans la décision N 043/CC rendue par la Cour. Et le Peuple comme toujours ne serait que le prétexte à partir et pour lequel on agit.

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