Présidentielles 2023 : Que va faire Alain Claude Bilie-Bi-Nze ?

Bilie-By-NZE va t-il céder à l’ambition du pouvoir dans l’optique de 2023 ? ©DR

Libreville le 13 Janvier 2002 – ( Dépêches 241 ). C’est probablement en ce début d’année 2022, c’est-à-dire à une année de l’élection présidentielle, la question que se posent de nombreux pédégistes, et particulièrement ceux encore capables d’influencer le sommet du pouvoir. Si on tient aujourd’hui pour crédible la possibilité d’un tel questionnement, c’est qu’à l’évidence, l’actuel ministre d’État en charge de l’Énergie et des Ressources Hydrologiques perturbe la sérénité habituelle des Pédégistes. Il dérange dirait-on. Et cela pour bien de raisons. 

Entre les rumeurs fondées ou infondées le positionnant comme le probable futur locataire de la Primature entre les ouï-dires véhiculant l’information selon laquelle l’homme prépare secrètement son départ du Parti Démocratique Gabonais (PDG). C’est une lapalissade que de dire que la trajectoire politique d’Alain Claude Bilie-By-Nze intrigue tant dans l’opinion que dans le landerneau politique, où les spéculations sur son avenir à quelques mois de l’élection présidentielle, sont de plus en plus vives. 

Une situation née de plusieurs états de faits. D’abord parce qu’il reste, en dépit de sa fidélité et sa proximité avec le Président de la République qu’il accompagne depuis son accession au pouvoir en 2009, pour de nombreux Pédégistes de la première heure, un «profito-situationniste » pour reprendre la formule qu’avait utilisé Barro Chambrier pendant une de ses sorties politiques. Plus clairement, un opportuniste qui a su user de malice et de ruse pour devenir un incontournable collaborateur du Chef de l’État. 

Ensuite, parce qu’il semble, parmi tant d’autres, tels que Paul Biyoghe-Mba, Jean-François Ndoungou, Guy-Bertrand Mapangou, Blaise Louembet, Etienne Massard Kabinda, Régis Immongault et plus récemment Ali Akbar Onanga etc… celui qui a le mieux résisté aux intrigues politiciennes dont est en principe victime tout politicien de ce calibre au point d’être aujourd’hui avec madame Denise Mekam’ne, les plus anciens membres du gouvernement. Enfin, parce que l’homme ne laisse personne indifférent. Tout au contraire, elle fascine ou elle déplaît. 

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Du reste, il a su se montrer capable à sa façon partout où il est passé, au point même de susciter l’admiration de ses collaborateurs. Ses passages successifs aux ministères de la Communication ou encore aux Affaires Etrangères le prouvent assez bien. Ils ont mis en évidence le dynamisme de l’homme. En toute objectivité, nonobstant sa réputation non usurpée de transhumant de génie, on doit, en toute objectivité reconnaître à l’homme, le mérite d’avoir été le grand artisan à l’œuvre dans la création de la chaîne de télévision Gabon’Culture, et surtout celui d’avoir su redonner vie à un événement d’importance nationale : La fête des cultures. « Alain Claude est un bosseur » nous a confié une ancienne animatrice de Gabon Télévision désormais en poste à la Haute Autorité de la Communication (HAC). 

L’ancien chroniqueur de Radio Soleil n’est certes pas un novice en politique, au regard de son parcours depuis le milieu des années 1990, période durant laquelle il a sans doute beaucoup appris de ses fréquentations :  père Paul Mba Abessolo à feu André Mba Obame pour ne citer que ceux-là. Mais, à la différence de certains, actuellement membres du gouvernement, et de nombreux à des hauts postes de responsabilité au sein de l’appareil étatique, il n’est pas héritier d’un nom. Il doit beaucoup à son propre mérite, sans doute encore plus à sa grande ambition. 

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Et c’est précisément cela qui dérange dans le camp du Parti démocratique gabonais (PDG). L’ancien leader du syndicat des étudiants de l’Université Omar Bongo a pris de la bouteille. Et sa présence continue au gouvernement lui a peut-être permis de se faire des partisans prêts à le soutenir. Malgré les intrigues ourdies à son encontre, Bilie-Bi-Nze va-t-il tenir son rang d’indéfectible, de fidèle parmi les fidèles ou aura-t-il à cœur de réaliser le désir ultime de tout politique, celui de briguer la présidence de la République ? Pourra-t-il se transfigurer à l’heure où plusieurs membres du gouvernement appellent à une candidature du président de la République Ali Bongo Ondimba ? Ou à l’instar de feu André Mba Obame va t-il prendre le risque de tenter de devenir contre les pédégistes la figure du renouveau politique, avec la fin qu’on lui connaît  ?  

Si ses aptitudes politiques sont peu contestables, notamment au regard de la qualité des femmes et des hommes qui nous ont dirigés jusqu’alors, reste à savoir s’il osera passer le cap pour cette élection présidentielle en se présentant contre celui qui l’a gardé auprès de lui depuis son accession à la magistrature suprême ? Comme en France en 2017, « Bilie The Kid », va-t-il assumer le rôle de brutus comme l’avait fait Emmanuel Macron en se présentant contre François Hollande ? Ou mieux, Ali Bongo Ondimba peut-il adouber Alain Claude Bilie-Bi-Nze dans le cas très peu probable où il ne briguerait la présidence en 2023 ? 

Car et c’est un fait, nul ne doute vraiment plus de son désir de diriger un jour le Gabon : ce désir, cette ambition brûlante transparaît en lui de plus en plus. Et sans nul doute que lui-même en premier en a conscience. Alors que Barro Chambrier, Paul-Marie Gondjout et autres Séraphin Moundounga affichent clairement leurs ambitions pour 2023, la question demeure : que va faire Alain Claude Bilie-Bi-Nze ? 

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