Rupture des antirétroviraux : les personnes vivant avec le VIH sacrifiées par Guy Patrick Obiang sur l’autel de la Covid-19 ?

Guy Patrick Obiang aurait-il sacrifié les personnes vivant avec le Sida? ©DR

Libreville le 2 février 2022  (Dépêches 241). La covid-19 à  tout prix et même au prix de la vie de certains de nos compatriotes. C’est l’intime conviction de Nathalie Bikene Bidzang, présidente de l’association nationale des droits des Personnes Vivants avec le VIH du Gabon qui estime que le gouvernement, le ministère de la santé au premier rang a tout bonnement fait le choix discriminant et infamant de sacrifier les compatriotes vivants avec le VIH sous l’autel de la Covid-19.  

Quel est l’intérêt de disposer au Gabon d’un Programme national de lutte contre le VIH/Sida si chaque année ou presque le Gabon est honteusement frappé par une pénurie de comprimés anti rétroviraux ? C’est une question que l’on peut légitimement se poser au regard du laxisme et du désintérêt flagrant dont font montre les autorités gabonaises en tête desquels le ministre de la Santé le Dr Guy Patrick Obiang.

Une attitude désinvolte du numéro 1 de la Santé qui pousse les Gabonais vivant avec ce virus à penser qu’il a clairement fait le choix de priver ces derniers des soins pour se focaliser sur la covid-19. Un choix supposément mercantile dénoncé par une compatriote. « Le Sida ne lui permet pas de s’enrichir. Il ne s’occupe que de la Covid qui lui permet de s’en mettre plein les poches ! », a-t-on pu lire chez un média confrère. 

Car encore une fois et comme d’ordinaire, pourrait-on désormais affirmer, le Gabon enregistre une énième fois une rupture de son stock de traitements antirétroviraux (ARV), destinés à soigner les personnes vivant avec le VIH/Sida. Un fait rendu public par la Présidente de l’Association nationale des droits des PVVIH du Gabon (Anac-Gabon), Nathalie Bikene Bidzang, qui présente dans un centre de traitement ambulatoire a clairement constaté une rupture des ARV sur l’ensemble du territoire national. 

Nathalie Bikene Bidzang estime que cette rupture n’a pour seule origine que la Covid-19 manifestement seule priorité de l’Etat gabonais. « Avec leur affaire d’unité de compte secours, les fonds destinés aux activités liées à la riposte au VIH Sida ont été octroyés aux plus pressés, c’est-à-dire aux activités de lutte contre la Covid-19 au sein des communautés les plus touchées, laissant ainsi les PVVIH à leur propre sort », a-t-elle indiqué. 

Une discrimnation criminelle et éhontée du gouvernement qui envoie au cimetière les personnes vivants avec le VIH, pourtant déjà particulièrement vulnérables du fait de leur infirmité. « Du coup, les PVVIH ont été les plus touchées car étant déjà fragiles et vulnérables. Le gouvernement se préoccupait de plus en plus de la nouvelle pandémie tendant à oublier ou négliger la riposte au VIH Sida. Les PVVIH sont devenues des laissées pour compte », explique t-elle en outre. 

Une attitude regrettable du gouvernement et de Guy Patrick Obiang qui par son silence et son inertie se rend complice sinon responsable de la détérioration de la santé des personnes vivants avec ce virus. Reste à savoir si celui que l’opinion appelle cyniquement « Okulu de la Covid-19 » s’émeut devant cette situation ou s’il a simplement, en toute âme et conscience, décidé de sacrifier ces Gabonais sous l’autel de la Covid-19. 

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