Gabon: le régime tente t-il d’écarter Guy Nzouba Ndama de la présidentielle ?

L’ancien président de l’Assemblée Nationale pourrait se voire barrer la route de la présidentielle compte tenu de ses ennuies avec la justice © DR

Libreville, le 22 septembre 2022-(Dépêches 241). Soupçonné de « blanchiment de capitaux et intelligence avec une force étrangère », l’opposant Guy Nzouba Ndama a été assigné à résidence le 20 septembre. À dix mois de la présidentielle au Gabon, les soutiens de l’ancien baron du régime dénoncent une instrumentalisation de la justice visant à écarter un adversaire politique.  

L’opposant Guy Nzouba Ndama a été assigné à résidence hier mardi, à l’issue de son audition devant la Cour criminelle spéciale. Soupçonné de « blanchiment de capitaux et intelligence avec une puissance étrangère », son interpellation le 17 septembre à Léconi dans le Haut-Ogooué, en possession de 1,2 milliards de Fcfa planqués dans ses valises, a suscité l’indignation de la classe politique. À dix mois du scrutin présidentiel, d’aucuns voient une manœuvre funeste des tenants du pouvoir, visant à se débarrasser d’un adversaire de poids. 

Dans un communiqué rendu public le 20 septembre, l’Union nationale n’écarte pas l’hypothèse « d’une instrumentalisation de la justice pour écarter d’éventuels concurrents à la compétition électorale. Précisant que pour que la présidentielle 2023 soit crédible, tous les leaders et personnalités politiques qui le souhaitent doivent être libres d’y participer, sans entraves. » Pointe sa présidente, Paulette Missambo. 

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En effet, personne n’a oublié le départ fracassant de Guy Nzouba Ndama  du Parti Démocratique Gabon (PDG) en 2016  au profit de Jean Ping. L’année suivante il crée son parti politique et devient un an  plus tard, la 1ere force de l’opposition au nombre d’élues. Point besoin de rappeler que cette fulgurance irrite le pouvoir. Davin Akouré, président honoraire des Démocrates, ne se fait pas d’illusion: « Ce procès relève davantage du règlement de compte politique, que de la lecture orthodoxe ou équitable du droit », a-t-il clamé pour exiger la libération de Guy Nzouba Ndama. 

Soulignons que depuis le début de cette année, veille d’élection, le parti politique Les Démocrates a été délesté de plusieurs de ses cadres, parmi lesquels Jean Norbert Diramba et Jean Pierre actuellement membres du Gouvernement. S’il ne s’est pas encore officiellement porté candidat, tout semble indiquer que Guy Nzouba Ndama fourbit ses armes en vue du prochain scrutin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pouvoir tient dans ses mailles, l’un de ses principaux adversaires. Et autant dire qu’il n’est pas prêt à desserrer l’étau. 

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