Gestion des fonds covid-19: plus de 3 mois après la publication du rapport Deloitte, les suspicions de détournement demeurent

Les soupçons sur les détournements des fonds destinés à la covid-19 ne sont toujours pas levés ©DR montage Dépêches 241

Libreville, 20 octobre 2022 (Dépêches 241). Sous la pression de la société civile et du Fond Monétaire International, le gouvernement a rendu public le 21 juin dernier, le rapport d’audit du cabinet Deloitte sur la gestion des Fonds Covid-19. Un rapport qui a révélé de nombreuses irrégularités, et nourrit des suspicions de détournements de fonds, qui persistent aujourd’hui encore dans l’opinion publique. 

177 milliards octroyés par le FMI, pour seulement 32 milliards versés sur le compte bancaire du fond spécial ouvert à la CDC, contrats établis de gré à gré, 75 milliards audités sur 500 milliards de ressources identifiés pour la lutte contre le Covid-19 donc, des pièces comptables potentiellement dissimulées. Le rapport d’audit du cabinet indépendant Deloitte, concernant la gestions des fonds alloués pour la lutte contre la pandémie de la Covid-19 au Gabon, avait révélé de nombreuses irrégularités, qui avaient d’ailleurs conduit le cabinet à émettre une « opinion avec réserves » concernant la gestion desdits fonds. 

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De nombreuses irrégularités relevées par le cabinet Deloitte, qui avaient naturellement suscité dans l’opinion et dans la société civile, des fortes suspicions de détournements de deniers publics. « Le gouvernement Gabonais n’a pas mis à la disposition des auditeurs toutes les informations limitant ainsi leur travail.  Preuve que tout l’argent reçu par l’Etat n’a pas transité dans le compte créé pour lutter contre la pandémie. Preuve également que des fonds publics ont pu être distraits » s’était indigné Geoffroy Foumboula Libéka. 

Dans ce contexte et face aux nombreux indices laissant présupposer l’hypothèse de détournements massifs de fonds publics, l’acteur de la société civile comme de nombreux Gabonais, espérait voir le parquet s’auto-saisir, par le biais d’une procédure inquisitoire, afin de faire la lumière sur la gestion des fonds alloués pour la lutte contre la Covid-19. Seulement près de 3 mois plus tard, le porte-parole du Comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre la Covid-19, Guy Patrick Obiang et le président dudit Comité Romain Tchoua, n’ont toujours pas fait l’objet d’une procédure judiciaire. 

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Comme si, la tolérance zéro face à la corruption prônée  par le Chef de l’Etat, était une donnée à géométrie variable, applicable à certains et pas à d’autres. Comme si finalement pour Ali Bongo Ondimba et son gouvernement, la lutte contre la corruption était comparable à une pêche aux petits poissons. En l’absence du déclenchement d’une enquête diligentée par les autorités judiciaires du Gabon, la conviction que le discours sur la tolérance Zéro est un mirage pourrait définitivement être consacrée.  

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