Déclaration de politique générale: Ndong Sima a-t-il éludé la question sur les événements du QG de Jean Ping en 2016 ?

les événements de 2016 sont encore dans les esprits  © DR

Libreville, le 8 décembre 2023 – (Dépêches 241). Comme il est de coutume pendant l’exercice républician de déclaration de politique générale, le Premier ministre, Raymond Ndong Sima, a été soumis hier aux réactions de plusieurs députés sur le plan d’action et sur la feuille de route de l’équipe gouvernementale de transition qu’il conduit. S’il a tant bien que mal apporté des réponses aux différentes interrogations des parlementaires, il semble qu’il ait éludé la question relative aux événements meurtriers de 2016 du QG de Jean Ping, soulevée par l’honorable Jean Ngoueneni Ndzengouma. 

L’attaque du Quartier Général de Jean Ping en 2016, les morts qu’elle a engendrées et la crise post-électorale qui s’ensuivit ont profondément fracturé le tissu social et divisé les Gabonais et les Gabonaises. Créant de ce fait un fossé entre les pro Ali Bongo et l’autre frange de la population meurtrie dans sa chair et considérée comme des laissés pour compte par le régime qu’ils accusaient d’avoir volé les élections tout en ayant arraché à la vie plusieurs de leurs enfants. Ces événements, qui ont participé à la radicalisation de plusieurs compatriotes dans la diaspora, ont toujours naturellement été soulevés par un député à l’heure du renouveau du Gabon, de l’essor vers la félicité et de la réconciliation nationale. 

Ce jeudi 7 décembre , au terme de la prise de parole du Premier ministre Raymond Ndong Sima, lequel a évoqué dans ses axes, l’amélioration de la gouvernance articulée autour du « Dialogue et de la réconciliation nationale », l’honorable Jean Ngoueneni Ndzengouma, président des 7 Merveilles du Peuple (7MP) en a profité pour jeter un pavé dans la mare. « Monsieur le Premier Ministre, depuis la transition, il est fait peu cas des événements de 2016. Notamment au niveau du Quartier Général de Monsieur Jean Ping. Je m’en vais quand même poser la question suivante. Peut-on vraiment parler de la réconciliation nationale sans faire la lumière sur ce qui s’est passé réellement en 2016 » ?, s’est-il interrogé avec gravité. 

Un pavé dans la mare qui a manifestement troublé le locataire de la Primature car à cette question pertinente qui revêt presqu’un caractère d’intérêt national, le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Raymond Ndong Sima comme l’indique le quotidien l’Union s’est étrangement débiné. Pourquoi ? La question vaut son pesant d’or. Pourquoi l’ancien opposant n’a-t-il pas apporté des réponses à cette question fondamentale de la restauration du vivre ensemble des Gabonais ? C’est la question que se sont posés de nombreux compatriotes au terme de l’exercice constitutionnel auquel s’est livré Ndong Sima. À-t-il simplement omis de répondre à l’honorable Jean Ngoueneni Ndzengouma ? Existe-il désormais un malaise à l’évocation des événements du QG de Jean Ping ? Ces événements qui ont marqué notre pays sont-ils un sujet tabou pour le Premier ministre et les nouvelles autorités de la transition ? 

Ce sont des interrogations qui en bon droit méritent d’être posées et desquelles doivent nécessairement émerger des réponses claires, car sans justice et pardon, il ne peut y avoir qu’une réconciliation de façade et donc un dialogue national, une énième fois superficiel. Le Pardon et la justice pour une réconciliation sincère et effective, sont des éléments substantiels qui ne peuvent être éludés si tant est que la réelle volonté des autorités de la transition est de donner une forme de légitimité aux actes devant déboucher sur la refondation du pays et la restauration de ses institutions.

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