Ogooué Lolo: la jeunesse de Mulundu boude-t-elle les autorités politiques locales ?

Les jeunes de Mulundu tenant une banderole dénonciatrice © DR

Libreville, le 13 mai 2024 – (Dépêches 241). En marge de l’accueil chaleureux et des liesses populaires qui ont accompagné le séjour du Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema dans la province de l’Ogooué-Lolo le weekend écoulé, les jeunes du département de Mulundu, précisément dans la commune de Lastourville, ont tenu à marquer le coup en exprimant via de nombreuses banderoles leur malaise et leur ras-le-bol vis-à-vis des autorités locales.

Les jeunes de Lastourville boudent-ils les autorités locales récemment nommées par le CTRI ? L’opinion peut raisonnablement se poser cette question, au regard de nombreux faits ayant émaillé le récent séjour du Président de la Transition dans cette localité. Tout s’est passé comme si ces jeunes compatriotes n’attendaient que cette occasion pour dire au Chef de l’État leur ras-le-bol et leur malaise vis-à-vis des autorités locales qui ne penseraient vraisemblablement pas au développement de leur cité. « Lastourville est notre héritage à tous. Nous devons tous la préserver des vautours », ont-ils laissé entendre.

Très clairement, ces jeunes semblent donc dénoncer la gestion opaque et chaotique des affaires de leur cité par les autorités politiques locales, dont certaines étaient déjà en place sous le régime déchu. « Lastourville dit non à la sorcellerie politique, aux clans et à la mafia politique, à l’exploitation de l’ignorance du Peuple, au chantage politique et au pillage des ressources, à l’abrutissement de la jeunesse et aux assassinats », pouvait-on lire sur leur banderole.

Inquiets et soucieux de ne pas revivre les mêmes expériences qu’avec le régime déchu, ces jeunes ont soulevé un ensemble d’interrogations plus que légitimes. « Où passe l’argent de nos forêts communautaires? Où passe l’argent de l’exploitation de notre Dolomite ? Qu’est-ce qui se passe avec le projet de Lastourville 2 ? Que va gagner Lastourville sur son Manganèse de Lipaka ? », s’interroge la jeunesse de Lastourville aujourd’hui.

Ces jeunes, bien déterminés à se faire entendre, ont par ailleurs exigé de la part de certains responsables politiques de la localité déjà aux commandes avant l’arrivée du CTRI, des excuses pour avoir violenté leurs mamans pendant des manifestations liées au conflit homme-faune dans la zone. « Nous exigeons des excuses officielles de la part des autorités politiques qui ont fait bastonner nos mamans pour avoir revendiqué leurs droits. Nos mamans ne sont pas des tam-tams sur lesquels on tape pour se divertir », affichent-ils  sur leur banderole.

Cette sortie de la jeunesse de Lastourville n’est pas la première du genre. L’opinion se souvient encore qu’à la nomination de l’actuel Délégué Spécial chargé de la gestion de cette cité, une pétition avait été lancée pour demander l’annulation de sa nomination à la tête de cette ville du Sud-Est du pays. Une situation qui devrait inviter le CTRI et son Président à revisiter les critères de nomination de certaines personnalités politiques, au regard de leur passé.

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