
Libreville, le 1er octobre 2026 – (Dépêches 241). Dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 : « Améliorer les Politiques Budgétaires pour Obtenir de Meilleurs Résultats pour les Gabonais » , la Banque mondiale met en évidence un chiffre particulièrement significatif sur la commande publique. En 2024, environ 90 % de la valeur des marchés publics recensés a été attribuée par entente directe. L’institution fonde son analyse sur les données disponibles auprès de la Direction générale des marchés publics.
Le constat prend davantage de relief lorsqu’il est rapproché du volume financier étudié. Entre février 2020 et août 2025, la Banque mondiale a analysé 2 273 contrats, pour une valeur cumulée d’environ 3 500 milliards FCFA, soit 5,9 milliards de dollars. Les travaux publics représentent à eux seuls 45 % de cette valeur, devant les fournitures à 36 %.
La concentration ne porte pas uniquement sur les procédures. Le rapport révèle qu’une entreprise, volontairement anonymisée sous l’appellation « entreprise X », a obtenu plus de 900 millions de dollars à travers seulement cinq marchés, tous attribués par entente directe. Une autre, « entreprise Y », totalise environ 120 millions de dollars sur neuf contrats, dont huit obtenus selon la même procédure.
La Banque mondiale ne conclut pas que chaque attribution directe est irrégulière. Elle souligne cependant qu’un recours important à cette méthode réduit la concurrence et peut limiter la capacité de l’État à comparer les offres et à obtenir le meilleur rapport qualité-prix. Le rapport relève parallèlement des faiblesses dans le suivi des marchés et l’absence, à la période étudiée, d’un système électronique pleinement opérationnel couvrant l’ensemble de la commande publique.
Le chiffre de 90 % place ainsi le débat au-delà de la légalité individuelle de chaque contrat. Pour une commande publique représentant plusieurs centaines de milliards de FCFA et pouvant peser fortement sur l’investissement national, le rapport pose implicitement la question du niveau réel de concurrence entre fournisseurs de l’État, de la concentration des contrats et de la capacité des finances publiques à démontrer que les prix obtenus sont effectivement les plus avantageux.







