
Libreville, le 7 octobre 2026-(Dépêches 241) La Banque mondiale estime à 403 milliards FCFA le coût des dépenses fiscales accordées au Gabon en 2024, selon sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026. Ces exonérations, franchises et régimes dérogatoires représentent environ 3,2 % du PIB et 22 % des recettes publiques. Autrement dit, leur montant équivaut à plus d’un cinquième des ressources effectivement encaissées par l’État.
Le pétrole et les mines occupent une place importante dans cette architecture fiscale. La Banque mondiale indique que près d’un tiers des dépenses fiscales est associé, directement ou indirectement, à ces deux secteurs. Ces avantages peuvent répondre à des objectifs d’investissement ou de compétitivité, mais ils réduisent simultanément les recettes disponibles pour le budget général.
La question centrale soulevée par le rapport porte moins sur l’existence des exonérations que sur l’évaluation de leur contrepartie. L’institution relève que le respect des engagements prévus dans les cahiers des charges ou autres contreparties accordées en échange des avantages fiscaux n’est pas évalué de manière suffisamment rigoureuse. L’État peut donc mesurer relativement précisément ce qu’il abandonne en recettes, mais beaucoup moins systématiquement ce qu’il reçoit en retour.
Cette situation intervient alors que les recettes fiscales non pétrolières n’ont représenté en moyenne que 10,5 % du PIB entre 2014 et 2024. La Banque mondiale considère pourtant que les taux nominaux appliqués au Gabon sont souvent élevés par rapport à plusieurs économies comparables. Une partie du problème se situe donc dans l’étroitesse effective de l’assiette et la multiplication des régimes dérogatoires.
La Banque mondiale estime qu’une rationalisation des dépenses fiscales pourrait rapporter jusqu’à 1,5 % du PIB. Derrière les 403 milliards FCFA de 2024 apparaît alors une interrogation budgétaire simple : quelles exonérations produisent effectivement davantage d’investissement, d’emplois ou de valeur ajoutée qu’elles ne coûtent en recettes publiques, et lesquelles continuent d’exister sans évaluation démontrant leur efficacité ?







