Parti démocratique gabonais : un séminaire pour refonder le parti post-transition

Le parti démocratique gabonais, faction Blaise Louembé, a organisé un séminaire de la refondation à l’intention de ses cadres et élus. © Dépêches 241

Libreville, le 12 octobre 2026-(Dépêches 241) Pendant trois jours, le parti démocratique gabonais (PDG), en séminaire, a réuni ses cadres et élus du parti. Objectif réfléchir sur la nouvelle vision du parti. Ces rencontres étaient notamment consacrées à l’examen et à la réappropriation des travaux de la Commission ad hoc. Il s’est conclu par un appel à une refondation profonde de l’ancien parti au pouvoir, l’exigence d’une plus grande proximité avec les populations et la réaffirmation de ses valeurs idéologiques.

Selon les informations relayées par nos confrères de gabonacru.com, les discussions se sont appuyées sur le rapport général de la Commission ad hoc, remis aux différentes instances du parti. Ce document contient 75 recommandations majeures, réparties en sept axes stratégiques. L’objectif affiché est quadruple : redéfinir la ligne idéologique, rénover la gouvernance interne, redynamiser les structures de base et resserrer le lien avec les populations.

Parmi les orientations prioritaires, la refondation idéologique s’articule autour du Pacifisme social libéral (PSL). Le président du parti le présente comme une véritable boussole politique. Ce courant repose sur trois piliers : la liberté de produire, qui valorise l’initiative privée et l’entrepreneuriat ; le devoir de partager, par une redistribution équitable des richesses ; et la promotion de la paix et du dialogue, érigés en conditions essentielles du développement. Le PDG dit vouloir ainsi renouveler son projet politique tout en préservant l’héritage du Président-fondateur, El Hadj Omar Bongo Ondimba, notamment ses valeurs d’humanisme et de concorde nationale.

La refondation passe aussi par la réinvention du projet de société à travers la Vision 2030, présentée comme une feuille de route opérationnelle, réaliste et soutenable. Elle prévoit la réhabilitation des politiques sociales, le renforcement des secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que la valorisation du capital humain.

Le renouvellement des générations occupe également une place importante dans cette démarche. Le président du parti a mis en avant la contribution attendue de l’Union des jeunes du PDG (UJPDG), notamment à travers la Nouvelle Génération et la Lead Force. Il a aussi souligné le rôle des femmes au sein de l’Union des femmes du PDG (UFPDG), avec le Mouvement des femmes cadres et entrepreneures du parti.

Ce chantier s’engage dans un contexte de division. Deux factions revendiquent la paternité du PDG, « chassé » du pouvoir après 55 ans de règne par le coup d’État du 30 août 2023, qui a porté le général Brice Clotaire Oligui Nguéma à la tête du Gabon. La première, proche du pouvoir, est conduite par Blaise Louembé et Angélique Ngoma, désignés respectivement président et secrétaire générale à l’issue du congrès extraordinaire du 30 janvier 2025. La seconde, qui se réclame de l’opposition et se dit loyale et légitime, est dirigée par l’ancien président déchu Ali Bongo Ondimba, exilé entre Londres et Paris, qui a choisi Ali Akhbar Onanga Y’Obégué comme secrétaire général.

Avec ce séminaire, le PDG, sous la  direction de Blaise Louembé cherche à tourner la page de l’ère Bongo sans renier son héritage, en s’appuyant sur une nouvelle doctrine, le PSL, et sur la Vision 2030. Reste que la bataille de légitimité avec le camp d’Ali Bongo Ondimba demeure entière. C’est elle, autant que la qualité des 75 recommandations, qui conditionnera la crédibilité de cette refondation.

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