Gabon : les intérêts de la dette absorbent l’équivalent de 92 % des budgets de la santé et de l’éducation

92 %, le coût des intérêts de la dette face aux dépenses de santé et d’éducation © Dépêches 241

Libreville, le 1er Octobre 2026 – (Dépêches 241). La Banque mondiale livre dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 l’un des ratios les plus révélateurs de la contrainte budgétaire gabonaise. En 2024, les paiements d’intérêts sur la dette représentaient l’équivalent de 92 % des dépenses consacrées à la santé et à l’éducation réunies. La charge financière de la dette se rapproche ainsi du montant mobilisé pour deux des principales missions sociales de l’État. 

Le rapprochement est d’autant plus significatif que les crédits sociaux restent faibles. En 2024, l’éducation représentait environ 2,9 % du PIB, la santé 1 % et la protection sociale hors pensions seulement 0,5 %. À l’inverse, les services généraux et autres dépenses concentraient 10,2 % du PIB. 

La contrainte ne vient pas uniquement du niveau de la dette. Les salaires, les intérêts et les autres dépenses difficiles à ajuster représentent ensemble plus de 60 % des dépenses publiques, réduisant la marge disponible pour réallouer rapidement des ressources vers les secteurs prioritaires. 

À mesure que les intérêts augmentent, une part croissante des recettes doit être consacrée au financement de décisions d’endettement prises antérieurement. À cette pression s’ajoute la progression des arriérés. Selon le rapport, les arriérés liés à la dette sont passés de 1,1 % du PIB en 2023 à 3,5 % du PIB en novembre 2025. Le poids de la dette ne se mesure donc plus uniquement au stock affiché, mais également à la capacité de l’État à honorer ses échéances tout en maintenant ses autres dépenses. 

Le ratio de 92 % fournit ainsi une mesure concrète du coût d’opportunité de l’endettement. Chaque hausse durable de la charge d’intérêts réduit la capacité d’arbitrage budgétaire, alors que la Banque mondiale estime déjà les dépenses sociales gabonaises très inférieures aux références internationales. La question n’est donc plus seulement combien le Gabon doit, mais quelle part de ses ressources futures devra être mobilisée pour servir cette dette plutôt que financer les services publics.

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