
Libreville, le 6 octobre 2026 – (Dépêches 241). Dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026, la Banque mondiale estime que les subventions aux carburants ont représenté environ 1 % du PIB en 2024, soit un niveau comparable à l’ensemble des dépenses publiques de santé. Deux postes budgétaires d’une nature très différente ont ainsi mobilisé cette année-là des ressources d’ampleur similaire. Le problème identifié par l’institution tient également au ciblage de cette dépense.
Les subventions aux carburants bénéficient davantage aux ménages les plus aisés, qui consomment généralement davantage de carburant, qu’aux ménages les plus pauvres. Une dépense présentée comme un mécanisme de protection du pouvoir d’achat produit donc des effets redistributifs relativement défavorables.
Le budget initial de 2026 prévoyait de ramener ces subventions à environ 12 milliards FCFA, soit 0,1 % du PIB. Mais le budget révisé a porté l’enveloppe à 55 milliards FCFA, soit environ 0,4 % du PIB.
En juillet 2026, les réformes nécessaires pour réduire durablement le dispositif n’avaient pas encore été adoptées. La Banque mondiale estime pourtant que la réforme du système pourrait dégager environ 115 milliards FCFA d’économies par rapport au niveau de 2024, soit près de 1 % du PIB. Dans son scénario de réformes budgétaires, la suppression ou le meilleur ciblage des subventions aux carburants représente à elle seule un gain potentiel proche de 0,9 % du PIB.
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La comparaison avec le budget de la santé donne ainsi une autre dimension à l’arbitrage. Alors que le rapport décrit des déficits importants d’équipements, de médecins et d’accès territorial aux soins, une enveloppe d’ampleur comparable continue de financer un mécanisme dont la Banque mondiale considère qu’il profite proportionnellement davantage aux ménages disposant des niveaux de consommation les plus élevés.







