
Libreville, le 5 octobre 2026-(Dépêches 241) En marge du sommet international sur l’espace organisé à Paris les 9 et 10 septembre 2026, le président congolais Denis Sassou-Nguesso aurait discrètement rencontré l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba à son domicile parisien. Une entrevue intervenue sur fond de tensions croissantes entre Brazzaville et Libreville, notamment autour du dossier des « biens mal acquis » et des orientations du pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Selon les informations relayées par plusieurs médias, Denis Sassou-Nguesso aurait quitté l’hôtel Le Bristol, où il séjournait, aux alentours de 23 heures pour se rendre avenue Foch, au domicile d’Ali Bongo. Selon les informations rapportées, le président congolais aurait effectué ce déplacement sans son équipe habituelle de sécurité. Les deux hommes auraient ensuite échangé sur l’évolution des relations entre le Gabon et le Congo, alors que plusieurs différends semblent progressivement détériorer les rapports entre Libreville et Brazzaville.
Cette rencontre serait intervenue quelques heures après un nouvel épisode dans le dossier judiciaire français dit des « biens mal acquis ». Tout serait parti des observations des avocats de l’État gabonais déposées la veille, devant le juge d’instruction Serge Tournaire que Denis Sassou-Ngiesso n’aurait pas appréciées. Dans le document de 53 pages, les conseils de Libreville demandent notamment que la première dame congolaise Antoinette Sassou-Nguesso, ainsi que ses petits-enfants Omar-Denis Junior Bongo et Yacine Queenie Bongo, soient concernés par la procédure. Une démarche qui aurait provoqué la colère du président congolais, lequel aurait également fait part de son mécontentement à Emmanuel Macron.
Au cours de son entretien avec Ali Bongo, Denis Sassou-Nguesso aurait également cherché à connaître la lecture de l’ancien président gabonais sur la situation politique intérieure. Il aurait notamment sondé son interlocuteur sur l’éventuel soutien qu’il pourrait apporter au Parti démocratique gabonais (PDG), dans un contexte marqué par la perte du pouvoir de cette formation après la chute d’Ali Bongo. Une éventuelle implication de Brazzaville dans cette recomposition politique inquiète d’autant plus Libreville que Denis Sassou-Nguesso dispose depuis plusieurs décennies de relais au sein de la classe politique gabonaise.
La dimension régionale de cette crise alimente également les préoccupations des autorités gabonaises. Les relations étroites entre Brazzaville et Moscou, ainsi que le déploiement d’Africa Corps sur le continent, sont présentés comme des facteurs susceptibles d’accroître les capacités d’influence du pouvoir congolais. Pour tenter de réduire les tensions, Libreville aurait dépêché une délégation à Brazzaville. Denis Sassou-Nguesso l’aurait reçue et écoutée, sans que le contenu précis des échanges n’ait été rendu public
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la séquence révèle une relation gabono-congolaise devenue particulièrement sensible. Entre contentieux judiciaire, rivalités politiques et jeux d’influence régionaux, les sujets de friction se multiplient. Reste désormais à savoir si la rencontre entre Denis Sassou-Nguesso et Ali Bongo n’était qu’un échange entre anciens dirigeants de la région ou si elle traduit une volonté plus structurée de Brazzaville de peser sur la nouvelle configuration politique gabonaise.







