
Libreville, le 6 octobre 2026 – (Dépêches 241). Début octobre, alors que la rentrée scolaire est déjà largement engagée, plusieurs enfants de Mounana seraient encore à la maison, leurs familles ne disposant plus des moyens nécessaires pour faire face aux dépenses scolaires. Une situation qui ravive, dans cette ancienne cité minière, le souvenir de l’engagement personnel de Hervé Patrick Opiangah, qui, bien avant son entrée en politique et avant même de devenir député, avait fait de la scolarisation des enfants de Mounana une œuvre de longue haleine.
Pendant des années, Hervé Patrick Opiangah a accompagné les familles de Mounana dans la prise en charge de la scolarité, des fournitures, des vacations et de diverses dépenses liées à l’éducation des enfants. Un peu plus de 40 millions de FCFA auraient ainsi été mobilisés chaque année pour soutenir les enfants de cette contrée. Une assistance qui, selon plusieurs habitants, ne relevait pas d’une circonstance électorale. Elle avait commencé bien avant la carrière politique de l’ancien ministre des Mines et s’était poursuivie au fil des années, jusqu’à devenir une forme de solidarité profondément ancrée dans le quotidien de la cité.
Une absence qui se mesure désormais dans les salles de classe
Cette dynamique s’est brutalement interrompue après les événements de novembre 2024, à la suite desquels Hervé Patrick Opiangah, confronté à ce qu’il a toujours présenté comme une machination politico-judiciaire, a été contraint à l’exil. Depuis et ce malgré son retour, Mounana mesure concrètement le vide laissé par cette absence. « Nos routes se dégradent, les déplacements deviennent plus difficiles et plus coûteux, et l’activité économique reste faible », déplore le collectif, tandis que des élèves de troisième et de terminale, engagés dans la préparation d’examens décisifs, seraient encore confrontés au manque de moyens, allant jusqu’à l’insuffisance de tables-bancs. « Ne nous oublie pas. Ne laisse pas nos enfants à la maison. Tes enfants te réclament. Tes enfants ont besoin de toi », lance la mère d’un élève non scolarisé.
Le paradoxe d’un mandat et la mémoire d’un engagement
Pourtant, lors des dernières échéances électorales, l’Union pou Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) parti politique d’ Hervé Patrick Opiangah avait investi à Mounana un candidat qui, s’il avait été élu, aurait pu inscrire son action dans la continuité de l’œuvre sociale entreprise depuis des années par l’ancien député et ancien ministre des Mines.
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Les électeurs en ont décidé autrement, portant leur choix sur un autre candidat, issu du parti au pouvoir. Or, près d’une année plus tard, cette représentation politique n’aurait toujours pas permis de répondre à l’urgence scolaire que vivent certaines familles. Le paradoxe est saisissant, celui qui n’exerce plus de mandat et se trouve loin de sa circonscription demeure réclamé pour ce qu’il faisait avant même d’entrer en politique, tandis que celui qui détient aujourd’hui le mandat local se montre à ce jour incapable d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations élémentaires de ses administrés.
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Quand une population interpelle un homme absent
Il y a, dans cette interpellation, une dimension qui dépasse largement la seule question de la rentrée scolaire. « Papa, Mounana ne te demande pas de revenir pour la politique. Mounana te demande de penser à ses enfants », résume un habitant. La formule dit beaucoup, dans l’esprit de ceux qui l’appellent, le souvenir d’Opiangah ne se réduit pas à ses fonctions politiques. Il renvoie à une présence, à une habitude de solidarité et à une responsabilité morale construite avant les mandats et les titres. « Papa Hervé-Patrick Opiangah, tes enfants t’appellent », entend-on encore. Au fond, cette histoire pose une question plus vaste : que reste-t-il d’un engagement lorsque l’homme qui le portait disparaît du paysage ?
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À Mounana, la réponse semble se trouver aujourd’hui dans les salles de classe vides et dans la voix des parents. Et la morale de cette situation tient peut-être en une évidence: l’ingratitude et l’oubli sont une défaite pour tous, tout comme une politique véritablement tournée vers l’humain ne devrait jamais laisser l’avenir des enfants dépendre de l’absence ou de la présence d’un seul homme.







