Gabon : 675 projets publics recensés, mais les études de faisabilité ne sont toujours pas systématiques

Le Gabon améliore l’exécution de ses investissements publics, mais doit encore renforcer les études de faisabilité avant leur inscription au budget © Dépêches 241

Libreville, le 6 Octobre 2026 – (Dépêches 241). La Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 de la Banque mondiale recense 675 projets dans le registre national des investissements publics en 2026. Le chiffre témoigne de l’ampleur du portefeuille que l’État doit programmer, financer et suivre. Dans le même temps, le taux d’exécution des investissements publics s’est amélioré, passant de 74 % en 2019 à 88 % en 2024. 

Cette amélioration quantitative masque néanmoins une faiblesse plus structurelle relevée par l’institution : les projets inscrits au budget ne sont pas tous précédés d’une étude de faisabilité complète ou d’une analyse coûts-avantages. La Banque mondiale indique que les méthodes d’évaluation en amont restent insuffisamment précises et que les critères de sélection sont complexes et encore mal communiqués. 

Le problème concerne également l’appréciation des risques. Ceux-ci ne sont pas systématiquement évalués avant l’engagement d’un projet, tandis que certaines fiches ne renseignent pas l’intégralité des coûts d’investissement et de maintenance. Le rapport rappelle par ailleurs que le FMI avait déjà constaté en 2024 l’absence d’études de faisabilité pour plusieurs projets inscrits au budget. 

La situation est d’autant plus importante que le Gabon entend fortement augmenter l’investissement public. Le pays s’est doté d’un nouveau cadre unifié de gestion des investissements en mars 2026 et développe le SIGIP pour suivre l’exécution physique et financière des projets. Mais la Banque mondiale insiste sur la nécessité de mieux sélectionner les opérations avant leur inscription budgétaire, et non uniquement de mieux suivre leur réalisation une fois décidée. 

Un taux d’exécution de 88 % constitue donc un progrès administratif, mais il ne renseigne pas à lui seul sur la rentabilité des investissements exécutés. Avec 675 projets recensés, la question posée par le rapport devient celle de la qualité de la sélection : exécuter davantage est une chose ; démontrer en amont que chaque projet financé créera suffisamment de valeur économique ou sociale en est une autre.

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