
Libreville, 9 octobre-(Dépêches 241) La crise du carburant continue de secouer Libreville, la capitale gabonaise, malgré les annonces du gouvernement et des plus hautes autorités de l’État, qui avaient promis un retour à la normale dans les meilleurs délais. Ce matin encore, en dépit des communiqués rassurants, la situation demeure pratiquement inchangée depuis le début de la crise. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle donne l’impression que les communications gouvernementales sont devenues de simples déclarations d’intention.
Le 30 septembre dernier, les populations gabonaises, notamment celles de la capitale, ont été confrontées à une situation presque inédite, marquée par une pénurie de carburant qui semble s’inscrire dans la durée. Près de deux semaines après le début de la crise, rien ne semble s’améliorer. Bien au contraire, tout porte à croire que les autorités ne disposent pas, à ce stade, des solutions nécessaires pour résorber cette crise.
Plusieurs communiqués ont été publiés par les autorités. Leur objectif était à la fois de rassurer les usagers et de trouver une issue à cette situation. Ainsi, dès le 2 octobre, le gouvernement a annoncé un retour à la normale à compter du 4 octobre. Malheureusement, les faits n’ont pas confirmé cette annonce. Au contraire, à la pénurie de gasoil s’est ajoutée celle de l’essence. La crise, initialement circonscrite au gasoil depuis le 30 septembre, a pris de l’ampleur et s’apparente désormais à une véritable catastrophe socio-politico-économique. Et au regard de l’évolution actuelle de cette crise, rien ne semble, pour l’heure, en mesure d’enrayer cette spirale.
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Au-delà des communications gouvernementales, cette situation met en lumière une réalité préoccupante : le secteur souffrirait manifestement d’insuffisances managériales, à la fois au sein du ministère du Pétrole et des Hydrocarbures, et dans les directions placées sous sa tutelle. Celles-ci ont pourtant pour mission de veiller à la prévention des crises et à l’anticipation des difficultés d’approvisionnement. Or, l’enlisement de la crise actuelle témoigne des limites des mécanismes de gestion et d’anticipation du secteur, qui n’ont manifestement pas permis d’éviter une telle situation.
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Les plus hautes autorités, au premier rang desquelles le président de la République, chef de l’État et chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, sont désormais appelées à prendre leurs responsabilités. Car, si personne n’est encore en mesure de déterminer avec certitude et souveraineté la durée de cette crise, il devient indispensable d’anticiper les prochaines. Pour cela, il apparaît nécessaire de mettre en place, dès maintenant, une stratégie de management plus performante et plus efficace, capable de prévenir et de résoudre durablement ce type de crise.
Si des mesures ne sont pas prises dans les meilleurs délais, le chef de l’État risque, une fois encore, d’être discrédité par les défaillances de ses collaborateurs, dont les compétences peuvent légitimement être questionnées au regard des résultats actuels. La preuve en est que, malgré les nombreuses prises de parole et la multiplication des communiqués rassurants, la crise perdure près de deux semaines après son déclenchement, tandis que l’exaspération des populations ne cesse de grandir.
En définitive, cette crise du carburant constitue un véritable test de crédibilité pour les autorités gabonaises. Au-delà des annonces et des promesses de retour à la normale, les populations attendent des résultats concrets et durables. L’urgence n’est donc plus seulement de rassurer, mais d’agir efficacement pour rétablir l’approvisionnement et prévenir de nouvelles ruptures.







