
Libreville, le 26 août 2026-(Dépêches 241) On en sait un peu plus sur les raisons qui ont poussé à la radiation de l’ancien procureur général près la cour d’appel de Libreville, Eddy Narcisse Minang, de la magistrature, intervenue à l’issue du conseil de discipline tenu par le Conseil supérieur de la magistrature ce 25 août. Selon nos confrères de la presse judiciaire, trois raisons auraient fondamentalement décidé du sort de l’ancien magistrat, notamment la convocation de l’ADG de la CDC, la gestion des ressources financières liées au procès des Bongo-Valentin et le scandale judiciaire de ces trois dernières années ayant impliqué l’homme d’affaires Hervé Patrick Opiangah.
La session disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) tenue le 25 août semble avoir tenu toutes ses promesses. Plusieurs magistrats, et non des moindres, ont fait l’objet de sanctions pour fautes graves et manquements à l’éthique de la fonction. Parmi les magistrats sanctionnés figure notamment Eddy Narcisse Minang, frappé d’une radiation du corps de la magistrature, considérée par la loi n° 040/2023 portant statut des magistrats comme la plus lourde de toutes.
Plusieurs raisons seraient évoquées pour justifier cette mesure contre l’ancien procureur près la cour d’appel de Libreville. On évoque notamment les affaires ayant déjà fait l’objet d’auditions de l’intéressé par l’Inspection générale des services judiciaires, lesquelles auraient porté, selon la presse judiciaire, sur la convocation non conforme de l’administrateur directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la gestion peu orthodoxe des fonds alloués à la session criminelle de novembre 2025, à l’issue de laquelle l’ex-première dame Sylvia Bongo Valentin et son fils Noureddin Bongo ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle.
À ces deux affaires s’ajoute celle relative aux accusations infondées portées contre Hervé Patrick Opiangah. L’opinion se rappelle, comme si c’était hier, de la déclaration éhontée de l’ancien procureur affirmant qu’une plainte aurait été déposée contre l’homme d’affaires le 19 novembre, à la suite de la déclaration, tout aussi mensongère, du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Bruno Obiang Mvé, faisant état d’une plainte dès le 14 novembre 2024. Et pourtant, l’affaire s’est soldée par un non-lieu cuisant. Preuve, s’il en était besoin, que tout ce qui avait été dit contre lui n’était que superfétations.
Au-delà de la radiation de la personne d’Eddy Minang, cette mesure devrait interpeller d’autres magistrats et autres hommes et femmes de loi. Aucune fonction, fût-elle celle de magistrat, ne permet à personne de se placer au-dessus des lois, et encore moins de s’écarter de l’application du statut des magistrats. Car ce qu’on sème, on finit toujours par le payer, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre. Et elle devrait surtout rappeler à ces hommes et femmes que rendre justice au nom du peuple, ce n’est pas obéir aux ordres des politiques.
Car, au moment où tombe la sanction, ils sont seuls à payer le prix fort, quand celui qui donnait les ordres continue paisiblement sa vie.







