
Libreville, le 30 août 2026-(Dépêches 241). La mort d’un nourrisson de 9 mois au cours d’un contrôle de police au quartier Nyali, dans le cinquième arrondissement de Libreville, continue de susciter émoi et indignation dans l’opinion. Selon les informations relayées par la famille, l’évacuation du nourrisson vers l’hôpital aurait été interrompue par un contrôle de police, alors que son état de santé connaissait une dégradation inquiétante. Un arrêt prolongé qui a finalement coûté la vie au bébé et conduit à l’arrestation du policier concerné.
L’après-midi du mercredi 26 août 2026 a été horrible pour un couple qui a perdu son bébé en voulant le conduire à l’hôpital. Selon les premières informations rapportées par un proche de la famille, le nourrisson souffrait d’une forte fièvre, et l’évolution critique de celle-ci inquiétait ses parents qui ont finalement décidé de prendre la direction de l’hôpital de la coopération égypto-gabonaise, en vue d’une prise en charge médicale urgente.
Un trajet stoppé au carrefour Nyali par un contrôle de police
Selon les témoignages d’un proche, les policiers qui ont érigé ce carrefour en poste de contrôle auraient procédé à la demande des pièces des occupants du véhicule. L’un des passagers, la mère du bébé en l’occurrence, n’avait aucune pièce d’identité sur elle. Le père qui transportait son enfant malade, aurait par la suite expliqué aux agents l’urgence de la situation, afin qu’ils puissent laisser le couple gagner rapidement la structure sanitaire.
Un discours manifestement ignoré par les agents, qui auraient même exigé le paiement d’une somme de 15 000 fcfa, avant de laisser repartir le véhicule. « Le père a fait comprendre que c’était un cas grave, que l’enfant ne se sentait pas bien et qu’ils allaient à l’hôpital. Il a demandé qu’on les laisse partir. Mais ils ont exigé de payer l’infraction », rapporte un proche de la famille.
Une rétention qui s’est avérée fatale pour le nourrisson
Toujours selon la même source, le père désespéré aurait proposé 2 000 puis 10 000 fcfa aux agents de police pour les convaincre de le laisser emmener rapidement son bébé mourant à l’hôpital. Une somme que les policiers auraient jugé dérisoire, avant de contraindre le géniteur du nourrisson de descendre du véhicule et de les suivre au poste de contrôle.
Restée dans le véhicule, la mère voyait désespérément l’état de santé de son bébé se détériorer. Finalement, le nourrisson de 9 mois est décédé dans les bras de sa mère, car il n’aura jamais réussi à atteindre l’hôpital de la coopération egypto-gabonaise où il aurait pu recevoir les premiers soins. Selon les informations relayées par GabonActu, le policier impliqué dans ce triste événement aurait été mis aux arrêts en attendant la suite à donner par les autorités compétentes.
Le Haut Conseil des Maliens du Gabon appelle à la retenue et exige que justice soit rendue
Devant la colère du couple et l’indignation des riverains ayant assisté à la scène, le Haut Conseil des Maliens du Gabon (HCMG) est sorti de sa réserve, en appelant à la retenue et en choisissant la voie diplomatique. « Notre priorité est d’abord d’accompagner les proches, d’apaiser les esprits et d’établir précisément les faits », a d’abord déclaré Amara Diarra, Président intérimaire de cette organisation.
Toujours sur la nécessité de respecter les procédures d’enquête, il a indiqué que « nous devons laisser les autorités compétentes établir les circonstances exactes du décès. Dans une société organisée, nul ne peut se substituer à la justice. », a-t-il insisté, avant de conclure en soutenant que « la force doit rester à la loi. On ne se rend pas justice soi-même ».







