
Libreville, le 5 Octobre 2026 – (Dépêches 241). Près d’un an après les événements du 15 octobre 2025, le journaliste, entrepreneur et juriste gabonais Harold Leckat Igassela a présenté samedi 3 octobre à Paris son ouvrage, publié aux Éditions Jets d’Encre. Il y raconte son parcours et plaide pour une réforme du cadre dans lequel évoluent entrepreneurs et journalistes au Gabon.
Devant journalistes, proches et invités, l’auteur a retracé une trajectoire commencée bien avant 2025. Elle passe par son licenciement du cabinet Jules Obiang en décembre 2015, puis par le groupe Oloumambè, éditeur de La Loupe et de L’Aube, avant la création de Gabon Media Time. Le livre suit ainsi son évolution de juriste vers le journalisme, puis vers l’entrepreneuriat dans les médias. Harold Leckat Igassela a expliqué avoir d’abord choisi le silence après l’épreuve d’octobre 2025, « non par oubli, ni par renoncement », mais pour comprendre ce qui lui était arrivé, l’écrire, puis le transformer.
Une « interpellation républicaine »
Lors d’un échange d’environ une heure avec la presse et l’assistance, l’auteur a écarté l’idée d’un règlement de comptes ou d’une attaque contre les institutions. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme », a-t-il affirmé, présentant son livre comme sa version des faits, mais aussi comme une alerte et une contribution au débat public. Pour lui, critiquer certains dysfonctionnements n’est pas rejeter l’État : c’est, dit-il, parce qu’il croit à l’État de droit qu’il juge nécessaire de nommer ce qui le fragilise.
La « brimade institutionnelle » et les pistes de réforme
Le titre de l’ouvrage désigne selon lui moins un acte isolé qu’une accumulation de silences, de lenteurs, d’engagements non tenus et de procédures qui s’enlisent, une « mécanique qui use, fragilise et décourage ». Il appelle l’État à garantir la prévisibilité des règles, le respect des contrats, des recours effectifs et la fin de la pénalisation abusive des différends économiques.
En retour, a-t-il ajouté, les entrepreneurs doivent assumer transparence, conformité et responsabilité sociale. La rencontre s’est achevée par une séance de dédicaces et un cocktail dînatoire. L’auteur entend désormais faire de son livre un espace de discussion et déplacer la séquence ouverte en octobre 2025 du terrain personnel vers celui du débat public.







