USTM à l’arrêt : 700 millions de FCFA débloqués par Oligui Nguema, mais toujours pas de cours à Masuku

Les 700 millions de FCFA débloqués par Oligui Nguema n’ont pas suffi a ramener la sérénité pour redémarrer les cours à l’USTM. © Dépêches 241

Libreville, le 23 octobre 2026-(Dépêches 241). Malgré l’enveloppe exceptionnelle de 700 millions de francs cfa débloquée sur instruction du chef de l’État, le SNEC-USTM maintient sa grève. Entre arriérés de vacations, retards de salaires et infrastructures inachevées, l’année académique 2025-2026 semble désormais sérieusement menacée.

L’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) reste paralysée par une grève qui compromet sérieusement le déroulement de l’année académique 2025-2026. Alors que les cours auraient dû démarrer, les amphithéâtres demeurent inlassablement vides. Réuni en assemblée générale, le Syndicat national des enseignants-chercheurs (SNEC-USTM) a décidé de maintenir son mouvement, une position confirmée à la presse locale le vendredi 16 octobre 2026. Pour les enseignants-chercheurs, les conditions d’une reprise effective des activités pédagogiques ne seraient toujours pas réunies.

Au cœur du conflit se trouve le règlement des vacations impayées. Pourtant, une enveloppe exceptionnelle de 700 millions de FCFA avait été débloquée sur instruction du Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, à la suite d’un audit des dettes de l’université. Mais cette intervention financière n’a visiblement pas suffi à dénouer la crise. Selon le président du SNEC-USTM, le Dr Ferdinand Evoung Evoung, d’importants arriérés restent à apurer. Le problème est d’autant plus préoccupant que les vacataires représentent environ 45 % du corps enseignant de l’établissement. À cette situation s’ajoute celle de jeunes enseignants qui, selon le syndicat, cumulent près de trois années sans salaire.

Au-delà des revendications financières, les conditions matérielles de travail constituent un autre point de crispation. Malgré les travaux de réhabilitation annoncés, plusieurs difficultés persistent sur le campus : laboratoires insuffisamment équipés, manque de tables-bancs dans certaines salles et indisponibilité de la salle polyvalente. Autant de problèmes qui alimentent le mécontentement des enseignants et nourrissent les interrogations sur les moyens réellement mobilisés pour assurer le fonctionnement normal de l’université. Le déblocage de fonds publics apparaît ainsi insuffisant, à lui seul, pour garantir une reprise durable si les arriérés et les dysfonctionnements structurels ne sont pas effectivement résolus.

Les étudiants sont les premières victimes de cette paralysie. Le retard accumulé menace désormais la validation de l’année universitaire, notamment pour ceux qui doivent encore effectuer des stages obligatoires afin d’achever leur cursus. Pour les étudiants originaires d’autres provinces, la prolongation du séjour à Franceville représente également une charge financière supplémentaire, entre logement, alimentation et autres dépenses quotidiennes. Pendant ce temps, les discussions entre les responsables universitaires et les représentants syndicaux peinent à produire des résultats. Une rencontre avec le recteur, organisée le lundi précédant la confirmation de la grève, n’aurait débouché sur aucune avancée concrète, selon le SNEC-USTM. Aucune date de reprise n’a, à ce stade, été annoncée par le syndicat.

Le contraste est d’autant plus frappant que l’USTM avait inauguré, en septembre dernier, un Laboratoire national de radioanalyse présenté comme un symbole de son ambition scientifique. Quelques semaines plus tard, l’établissement peine toujours à assurer sa mission pédagogique fondamentale. Cette situation pose une question de fond sur la gestion des priorités universitaires : à quoi servent les investissements dans des équipements scientifiques de pointe si les conditions élémentaires d’enseignement ne sont pas réunies ? Si le SNEC-USTM affirme rester ouvert au dialogue, il réclame désormais des mesures concrètes plutôt que de nouvelles promesses. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer les engagements financiers en solutions vérifiables sur le terrain.

Ainsi, les 700 millions de FCFA débloqués sur instruction présidentielle n’ont pas permis de mettre fin à la grève. Le SNEC-USTM considérant que tant que les arriérés de vacations ne seront pas apurés et que les revendications prioritaires ne trouveront pas de réponse satisfaisante, la reprise des cours restera incertaine. Plus qu’un conflit entre administration et enseignants, la crise de l’USTM met à l’épreuve la capacité des pouvoirs publics à préserver la continuité des activités universitaires. 

Pour les étudiants, chaque jour perdu réduit davantage les chances de sauver une année académique déjà lourdement compromise.

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