Dr Yonnelle Moukoumbi élevée au grade de Maître de recherches CAMES : une consécration qui interpelle l’État sur l’avenir de la souveraineté alimentaire

À gauche, le Dr Yonnelle Moukoumbi, désormais maître des recherches CAMES en habit d’académicienne. À droite, elle, tenant une nouvelle variété de manioc lors d’un récent voyage au Nigeria, en préparation du prochain atelier dédié à cette culture qui se tiendra au Sénégal.

Libreville, le 3 août 2026-(Dépêches 241) Il y a quelques jours, le Dr Yonnelle Moukoumbi a été sacrée Maître de recherches par le CAMES. Une reconnaissance amplement méritée, au regard de ses nombreux travaux de recherche et de sa contribution scientifique dans le domaine de l’agriculture, à travers notamment le développement de nouvelles variétés de cultures à forte valeur prospective, adaptées au climat africain. L’experte gabonaise, à travers ce nouveau grade, démontre que le Gabon ne veut plus seulement se contenter d’importer ses denrées alimentaires, mais qu’il regorge parmi ses citoyens de personnes intelligentes et suffisamment formées et compétentes pour relever le défi de la souveraineté alimentaire tant souhaitée par les autorités.

L’événement ne fait pas grand bruit, mais il marque un nouveau pas franchi par le Gabon, à travers l’une de ses dignes représentantes dans le domaine de la recherche sur les nouvelles variétés de cultures : le Dr Yonnelle Moukoumbi, désormais Maître de recherches du CAMES. Ce nouveau statut n’a rien de politique ; il est la récompense d’une femme foncièrement intelligente qui n’a de cesse, depuis plus d’une décennie, de travailler avec acharnement à trouver de nouvelles espèces de cultures adaptées à notre écosystème, en vue de pallier la dépendance alimentaire du Gabon vis-à-vis de l’extérieur.

Ce grade n’est pas le fruit du hasard. Il est la reconnaissance internationale du mérite du Dr Yonnelle Moukoumbi qui, malgré des moyens limités, avance et porte haut, au milieu d’autres scientifiques spécialisés dans cette discipline, les couleurs du drapeau gabonais. Si, par le passé, le Gabon souffrait d’un manque criant de compétences, aujourd’hui, plus rien ne saurait expliquer le délaissement, parfois volontaire, des autorités à l’encontre de celles et ceux qui participent à faire rayonner l’image du pays, à la fois sur les plans national et international.

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Dans ces conditions, il est temps que les autorités gabonaises, qui semblent ambitionner d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, mettent la main à la poche. D’autant qu’un tel objectif ne peut se réaliser par de simples slogans ou des vœux pieux, mais par des actions concrètes. Par conséquent, il est plus que jamais nécessaire et urgent que le gouvernement octroie des financements conséquents à ceux qui ont la volonté d’aider le pays à atteindre ce but. Et parmi toutes ces personnes figure le Dr Yonnelle Moukoumbi, qui dirige d’une main de maître le programme national de sélection et d’amélioration des plantes et de production des semences (PNSAP-PS) au Gabon.

C’est dire que cette éminence grise n’a rien à envier à d’autres. Elle est tout à fait capable de mener un programme jusqu’à son terme et de tirer vers le haut d’autres ingénieurs agronomes qui ne demandent qu’à servir leur pays. D’ailleurs, après avoir participé à l’atelier annuel du programme d’amélioration variétale du riz de KAFACI, à Saint-Louis, au Sénégal, où elle a largement contribué aux recherches consacrées aux variétés rizicoles, elle s’est également rendue récemment au Nigeria, où elle a participé à des ateliers dédiés à la recherche sur les meilleures variétés de manioc adaptées au continent et à forte productivité. Ce parcours démontre qu’elle possède les connaissances, les compétences et l’expertise nécessaires pour contribuer à l’atteinte des objectifs alimentaires du gouvernement dans le domaine stratégique de l’agriculture.

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Cela dit, au-delà de la reconnaissance personnelle qu’elle vient d’obtenir, cette consécration devrait interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité d’investir davantage dans la recherche scientifique nationale. Car la souveraineté alimentaire ne se décrète pas : elle se construit grâce à des femmes et des hommes capables d’innover, d’expérimenter et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales. En valorisant et en accompagnant des chercheurs de la trempe du Dr Yonnelle Moukoumbi, le Gabon se donne les moyens de transformer son potentiel agricole en un véritable levier de développement économique et de sécurité alimentaire.

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