Gabon : Après trois mois d’audit, l’État arrête sa dette et ses passifs à 9 524,6 milliards de FCFA

Le Gabon change de référentiel. Après près de trois mois d’audit, l’État arrête à 9 524,643 milliards de FCFA son stock consolidé de dette et de passifs exigibles au 31 décembre 2025, © Dépêches 241

Libreville, le 15 septembre 2026 – (Dépêches 241). Le Gabon dispose désormais d’un nouveau chiffre de référence pour mesurer ses engagements financiers. Après près de trois mois d’audit, le gouvernement a arrêté à 9 524,643 milliards de FCFA le stock consolidé de dette et de passifs exigibles de l’État au 31 décembre 2025. Les travaux, officiellement lancés le 17 juin 2026, ont été conduits par le comité institué par arrêté du ministère de l’Économie et des Finances en avril. Ce montant est appelé à remplacer l’estimation de près de 11 700 milliards de FCFA qui servait de point de départ à l’exercice.

Le chiffre donne surtout une mesure de l’ampleur des engagements accumulés. À 9 524,6 milliards de FCFA, dette et passifs représentent l’équivalent de 68,91 % du PIB nominal 2025, que le gouvernement estime désormais à 13 822 milliards de FCFA après arrimage aux résultats du rebasage de 2022. Autrement dit, malgré la révision du stock et l’augmentation de la taille statistique de l’économie, les engagements recensés restent proches de sept dixièmes de la richesse produite en une année.

Le périmètre retenu mérite toutefois d’être distingué de la seule dette publique au sens strict. Le gouvernement parle d’un « stock consolidé de dette et de passifs exigibles », ce qui signifie que les 9 524,643 milliards de FCFA agrègent des engagements dont la nature peut différer. La publication du rapport détaillé permettrait notamment de connaître la ventilation entre dette intérieure, dette extérieure, arriérés et autres passifs exigibles, ainsi que leurs échéances respectives. Ces informations détermineront beaucoup plus directement la pression exercée sur la trésorerie.

La consolidation arrive au moment où Libreville doit continuer à financer un programme d’investissement public particulièrement important tout en honorant ses engagements existants. L’arbitrage ne se limite donc pas au niveau du stock. Il porte aussi sur la capacité du Trésor à absorber les remboursements et les intérêts sans comprimer les dépenses prioritaires, retarder les paiements dus aux fournisseurs ou recourir davantage aux émissions de titres publics pour couvrir ses besoins de financement.

Le rapport d’audit a été transmis au Fonds monétaire international et doit désormais servir de référence aux échanges avec les partenaires techniques et financiers. Pour Libreville, 9 524,6 milliards de FCFA devient ainsi le point de départ d’une nouvelle séquence : celle de l’apurement des passifs, de la gestion des échéances et de la prévention de nouveaux arriérés. Après trois mois consacrés à déterminer le montant des engagements, la question se déplace vers leur financement.

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