Dette et passif de l’Etat: 11 700 à 9 524,643 milliards de FCFA , où sont passés les 2 175 milliards d’écart ? 

De 11 700 à 9 524,643 milliards de FCFA, l’audit des engagements financiers de l’État fait apparaître un écart de près de 2 175 milliards de FCFA © Dépêches 241

Libreville, le 16 septembre 2026 – (Dépêches 241) Entre le début et la fin de l’audit des engagements financiers du Gabon, environ 2 175 milliards de FCFA ont cessé de figurer dans le stock retenu comme référence. Lorsque les travaux ont débuté le 17 juin, le gouvernement évoquait un stock initial estimé à près de 11 700 milliards de FCFA. Trois mois plus tard, le comité chargé de l’exercice arrête le montant consolidé à 9 524,643 milliards. L’écart représente environ 18,6 % de l’estimation de départ.

Une différence de cette ampleur n’est pas nécessairement anormale dans un audit destiné justement à vérifier, rapprocher et consolider des engagements provenant de sources différentes. Elle peut résulter de corrections de périmètre, de reclassements, de rapprochements comptables ou d’engagements finalement non retenus. Mais le communiqué publié par le gouvernement le 13 septembre ne fournit pas la ventilation des ajustements ayant permis de passer des quelque 11 700 milliards de FCFA initiaux aux 9 524,643 milliards finalement reconnus.

Cette précision est importante car les 2 175 milliards de FCFA ne constituent pas une réduction de dette obtenue par remboursement. Aucun élément du communiqué ne permet non plus de conclure qu’une somme équivalente aurait été annulée par les créanciers. Le chiffre mesure simplement la différence entre un stock initial estimé et un stock consolidé après audit. Présenter cet écart comme un désendettement reviendrait donc à confondre une opération de clarification comptable avec une diminution effective des obligations financières.

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La prochaine étape de transparence pourrait ainsi porter sur la publication du détail du rapport transmis au Fonds monétaire international. Une ventilation permettrait de savoir quelle part de l’écart provient de la dette financière, des passifs exigibles, d’éventuels doublons, de corrections ou de changements de classification. Elle permettrait aussi aux investisseurs, entreprises créancières et partenaires financiers de comprendre précisément le périmètre des engagements reconnus par l’État au 31 décembre 2025.

Le gouvernement affirme vouloir faire de cet audit un instrument de « traçabilité » et de « transparence » des finances publiques. La publication des 9 524,643 milliards de FCFA constitue une première information ; l’explication des quelque 2 175 milliards séparant ce chiffre du stock initial en serait le prolongement logique. Dans un pays où le niveau de la dette influence directement le coût du financement public et la relation avec les bailleurs, la composition du chiffre compte presque autant que le chiffre lui-même.

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