Ali Bongo relance la bataille politique : « En septembre 2024, je n’étais pas libre »

Alors qu’il avait effectué son retrait de la vie politique gabonaise en septembre 2024, Ali revient en 2026 en affirmant qu’il avait pris cette décision sous contrainte.  © Dépêches 241

Libreville, le 23 octobre 2026-(Dépêches 241) Le dernier discours de l’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba, n’a pas manqué de faire réagir au sein de l’opinion publique gabonaise. Outre les accusations d’illégitimité portées contre l’actuel bureau directeur du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien chef de l’État revendique désormais son retour dans l’arène politique nationale, alors qu’il s’était précédemment engagé à se tenir à l’écart de la vie politique. Il affirme que son retrait avait été décidé sous la contrainte, dans le but d’obtenir la libération de son épouse, Sylvia Bongo Valentin, et de son fils, Noureddin Bongo Valentin. Une déclaration qui, si elle était corroborée, soulèverait de nouvelles interrogations sur les conditions dans lesquelles l’ancienne famille présidentielle a quitté le Gabon.

Après une première sortie au cours de laquelle il avait exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme un acte de trahison et une atteinte à la mémoire de son père, le défunt président Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo revient à la charge. Cette fois, l’ancien dirigeant entend concrétiser son retour sur la scène politique gabonaise. Son objectif est clairement affiché : reprendre la tête du Parti démocratique gabonais, dont il estime être le président légitime. Il reproche notamment à l’actuel directoire du parti de ne pas avoir correctement appliqué les orientations qu’il aurait données au lendemain de sa chute du pouvoir.

Le ton de son intervention est frontal et témoigne d’une volonté manifeste de reprendre l’initiative politique. Ali Bongo ne s’en prend pas uniquement à ses anciens camarades de parti. Il met également en cause les circonstances de son départ du pouvoir et les conditions dans lesquelles il avait annoncé son retrait de la vie politique. Aussi déclare-t-Il: « En septembre 2024, je n’étais pas libre. J’étais en résidence surveillée », affirme-t-il. Par cette déclaration, l’ancien président remet en question la portée de son engagement à se retirer de la vie publique, laissant entendre que cette décision n’aurait pas été prise dans des conditions de liberté. 

Selon ses explications, cet engagement aurait été accepté dans l’espoir d’obtenir la libération de son épouse, Sylvia Bongo Valentin, et de son fils, Noureddin Bongo Valentin. Si ces affirmations étaient étayées par des éléments vérifiables, elles pourraient relancer le débat sur les circonstances ayant entouré les négociations présumées entre l’ancien chef de l’État et les autorités de la transition. Elles soulèveraient également des questions sur les conditions de libération des deux anciens détenus et sur les modalités de leur départ du territoire gabonais. À ce stade, toutefois, les déclarations d’Ali Bongo doivent être distinguées des faits indépendamment établis.

Au-delà de la polémique, cette prise de position ouvre un nouveau chapitre dans les tensions internes au PDG, formation politique qui a longtemps dominé la vie publique gabonaise. En contestant la légitimité de sa direction actuelle et en revendiquant son retour à sa tête, Ali Bongo remet en cause l’équilibre politique de son propre camp. Cette offensive pourrait accentuer les divisions entre les partisans de l’ancien président et ceux qui entendent poursuivre la réorganisation du parti sans lui. Elle place également les responsables du PDG devant une question centrale : quelle autorité politique et statutaire peut aujourd’hui légitimement parler au nom de la formation ?

En affirmant qu’il n’était pas libre au moment où il avait annoncé son retrait de la vie politique, Ali Bongo Ondimba ne se contente pas de justifier son retour. Il remet en cause les conditions dans lesquelles cet engagement aurait été pris et ravive les interrogations sur les circonstances de la sortie du pays de son épouse et de son fils. Reste désormais à déterminer si ses déclarations pourront être corroborées par des éléments indépendants et quelles conséquences elles auront sur l’avenir du PDG. 

Une chose est certaine : en revendiquant de nouveau la direction du parti, l’ancien président signale qu’il n’entend plus rester en retrait de la vie politique gabonaise.

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