Ndzela : contrat contesté,les chauffeurs dénoncent des conditions de travail contraignantes

Entre exigences financières et revendications sociales, le dialogue reste difficile entre Ndzela et ses chauffeurs © Dépêches 241

Libreville, le 26 Octobre 2026 – (Dépêches 241). Le bras de fer se poursuit entre N’dzela et le Collectif des chauffeurs de son programme de mobilité électrique. Dans leurs propositions du 29 septembre 2026, les conducteurs réclament une révision des conditions prévues de leur cahier de charges. En réponse, le 12 octobre, la direction a accepté certaines améliorations sous conditions, tout en maintenant plusieurs dispositions contestées. Le compromis reste partiel.

Derrière l’ambition d’une mobilité électrique moderne au Gabon, les tensions persistent  entre N’dzela et ses chauffeurs. Après plusieurs mois d’activité, le Collectif des Drivers souhaite obtenir un réaménagement des modalités de leurs collaborations, estimant que certaines exigences contractuelles pèsent lourdement sur leurs conditions de travail et leurs revenus. Face à ces revendications, la direction maintient ses exigences contractuelles, notamment sur les obligations financières et les conditions d’exploitation, révélant un bras de fer dont l’issue reste incertaine.

Le loyer journalier au cœur du conflit

Le loyer quotidien est fixé à 26 000 FCFA payable au plus tard à midi le lendemain, sans attendre de relance. Les chauffeurs demandent une révision de ce montant, notamment en cas de coupures d’électricité, d’immobilisation, de panne, de problème de recharge, de maladie justifiée ou d’indisponibilité du véhicule.

Ils souhaitent également clarifier le statut du chauffeur et les conditions d’accès à la propriété. La direction maintient le contrat actuel et précise que toute modification devra faire l’objet d’un avenant signé par les deux parties.

Des millions de FCFA investis sans garantie de remboursement

Le Collectif affirme que certains chauffeurs ont déjà versé plusieurs millions de FCFA, parfois environ 4,8 millions ou davantage. Il demande qu’une reprise anticipée du véhicule n’entraîne pas la perte des sommes déjà payées.

Les conducteurs réclament un état financier détaillé en cas de retrait : montant versé, solde restant, caution et éventuelle compensation. La direction refuse le principe d’un remboursement systématique et renvoie aux clauses de résiliation. La question centrale reste la protection de l’investissement des chauffeurs privés de leur véhicule avant la fin du contrat.

Le transfert du contrat demandé

Le Collectif souhaite qu’un chauffeur malade, appelé à voyager ou confronté à une situation justifiée puisse proposer un successeur. Deux options sont envisagées. La poursuite de l’exploitation par un nouveau chauffeur avec maintien des droits acquis du précédent, ou le transfert complet du contrat après validation de N’dzelah. L’opération devrait préciser les sommes versées, le solde, les obligations restantes, l’état du véhicule et les réparations éventuelles.

La direction refuse cette possibilité, au motif qu’elle n’est pas prévue au contrat. Le transfert demeure un point majeur de désaccord.

Une durée de quatre ans contestée

Le contrat prévoit un engagement de quatre ans. Les chauffeurs demandent des explications sur le calcul de cette durée, le coût total du véhicule et les conditions d’accès à la propriété. Ils souhaitent aussi une réduction de la durée restante lorsqu’une part importante a déjà été payée.

La direction maintient les conditions initiales, invoquant les coûts liés au financement, au GPS, à l’assurance, à l’entretien et aux infrastructures de recharge.

Coupures et pertes d’exploitation

Le Collectif estime que des coupures de deux ou trois heures réduisent fortement le temps de travail et les recettes. Il demande un système de déclaration et d’enregistrement des interruptions, ainsi qu’une distinction entre les coupures imputables au chauffeur et celles liées aux infrastructures.

Une compensation ou une réduction du loyer pourrait être appliquée au-delà d’un certain seuil. Aucun accord général sur ce mécanisme ne ressort de la réponse de la direction.

Le coût des recharges contesté

Le prix d’une recharge complète serait passé d’environ 12 900 à 15 000 FCFA. Les chauffeurs demandent plus de transparence sur le tarif, la quantité d’électricité délivrée et l’autonomie obtenue, ainsi qu’un audit du système.

Ndzela maintient l’obligation d’utiliser ses bornes et n’autorise pas systématiquement les infrastructures alternatives en cas de panne. Le Collectif demande pourtant une solution de remplacement lorsque les bornes sont hors service, les files trop longues ou la station fermée. Il souhaite aussi revoir la règle de recharge gratuite du dimanche, que la direction confirme.

Réparations, batterie et assurance

Les conducteurs réclament un carnet d’entretien détaillant le kilométrage, les interventions, les pièces remplacées et l’état des freins, pneus, batterie et système de recharge. Ils demandent plusieurs garages agréés, des devis comparatifs, des factures détaillées et leur accord avant toute réparation importante.

Ndzela accepte partiellement. La prise en charge d’une dégradation anormale de la batterie dépendra de l’absence de faute du locataire. Le choix du garage reste toutefois limité.

Le Collectif demande enfin une assurance couvrant dommages, vol, incendie, bris de glace, accidents et dommages corporels. La direction maintient uniquement l’assurance responsabilité civile.

Impayés et maladie

Les chauffeurs demandent une procédure progressive en cas d’impayé : notification, délai de régularisation et échange avant toute reprise. Le contrat prévoit une caution de 250 000 FCFA.

La direction accepte une procédure de rappel et précise qu’en cas de résiliation, la caution sera restituée après déduction des impayés et frais de réparation.

Pour les maladies justifiées, le Collectif demande une suspension ou un report du loyer, voire une prolongation du contrat. Ndzela accepte sous conditions une suspension sur présentation d’un certificat médical couvrant six jours consécutifs. Une démarche auprès de la CNAMGS est annoncée en vue d’une affiliation au Fonds 4.

Le dialogue collectif toujours limité

Le Collectif souhaite une commission permanente sur les loyers, charges, réparations, assurances et difficultés de terrain. La direction refuse cette structure formelle, invoquant son statut privé et le caractère individuel des contrats.

Elle accepte néanmoins de recevoir trois représentants des chauffeurs. Les modifications contractuelles devront être inscrites dans des avenants signés, tandis que les règles opérationnelles pourront être précisées par des notes officielles.

Un compromis encore incomplet

La réponse de Ndzela laisse les deux parties éloignées sur plusieurs sujets : coût des recharges, durée des contrats, transfert des engagements, protection des sommes versées, compensation des pertes, assurance et dialogue collectif.

Certaines demandes ont été acceptées sous conditions, mais plusieurs revendications majeures restent sans réponse favorable. La poursuite du dialogue et la formalisation des éventuels accords seront déterminantes pour éviter que le conflit ne s’installe durablement. 

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