Déguerpissement et spoliation à Essassa : la SNI accusée de s’accaparer un village, contre les engagements du président de la République

À Essassa, les populations ne comprennent pas les changements dans une procédure pourtant validée par le Président de la République ©Dépêches 241

Libreville le 20 Avril 2026-(Dépêches 241). Ce samedi 18 avril 2026, les habitants d’Essassa, dans la zone dite derrière Berthe et Jean, ont tenu une rencontre, au cours de laquelle ces derniers ont tenu à dénoncer avec la dernière énergie les manœuvres de la Société nationale immobilière (SNI) qui, à rebours des engagements du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, en faveur de ces populations, s’accaparerait illégalement leurs terrains, détruirait leurs biens et n’hésiterait pas à faire preuve d’un deux poids, deux mesures. Une situation qui semble traduire la volonté de la SNI d’outrepasser la parole du chef de l’État pour des intérêts inavoués.

Ils habitent d’Essassa, derrière Berthe et Jean, certains résident à cet endroit depuis des décennies, d’autres depuis plus de soixante ans. Seulement, depuis quelques années, ils font face à de nombreuses difficultés. D’abord avec la Société nationale du logement social (SNLS), qui avait voulu s’approprier leurs terres pour un projet immobilier excluant les habitants.

Ladite société a été dissoute et absorbée en 2019 par la SNI. Celle-ci affirme aujourd’hui détenir un titre foncier hérité de l’ex-SNLS, qui n’avait été créée qu’en 2013. Seulement, cet argument apparaît plus que douteux, dans la mesure où ces habitants y résidaient déjà plusieurs générations auparavant. Toute chose qui ressemble davantage à une tentative illégitime et probablement illégale de la SNI de s’approprier des terres considérées comme ancestrales par ces habitants. Oubliant qu’avant de devenir un quartier inclus dans le deuxième arrondissement de la commune de Ntoum, Essassa est avant tout un village. Ce serait ainsi une manière, pour la SNI, d’exproprier les autochtones de leurs terres.

Fort de cet imbroglio foncier, le président de la République, chef de l’État, soucieux de préserver la paix sociale et l’impératif de conserver les terres ancestrales, a, par la voix de son ministre de l’Habitat, Maïs Mouissi, pris des mesures non pas pour procéder aux expropriations, mais pour permettre aux habitants de régulariser leur situation foncière.

Selon le communiqué du ministre de l’Habitat, les habitations possédant une parcelle de 1 à 2000 m² devaient débourser 600 000 francs CFA auprès de la SNI, et celles possédant des parcelles de 2001 à 4999 m² devaient débourser 1 200 000 francs CFA. Contre toute attente, la SNI serait en train de procéder à la parcellisation des terrains de ces riverains de manière arbitraire et en contradiction totale avec les engagements du président de la République.

Raison invoquée par les agents de la SNI : seule l’expertise de leur société aurait de la valeur. Mieux encore, les agents de ladite société auraient fait savoir aux victimes, alors qu’elles tentaient de déposer leurs dossiers auprès de la direction générale de la SNI en vue de leur régularisation, que le président de la République aurait signé un décret contraire aux annonces faites par le ministre de l’Habitat et que, selon eux, c’est celui-ci qui donnerait toute autorité à leur société sur ces parcelles. Ainsi, certains habitants qui disposaient de plus de 4000 m² de terrain se retrouvent parfois avec moins de 500 m².

La SNI aurait ainsi procédé, sans consultation ni entretien avec les concernés et sans la moindre prise de contact avec ces derniers, à la destruction des lotissements de certains et au rasage de leurs plantations. Ceux qui en avaient fait leur seule source de revenus se retrouvent sans rien. Mieux encore, et au-delà de la simple destruction des biens d’autrui, la SNI se serait livrée à la destruction et à la profanation des tombes des parents décédés des habitants de ce village, et serait en train de vendre certaines de ces parcelles, notamment celles situées en bordure de la route.

Cette affaire remet sous les projecteurs la remise en cause systématique du caractère sacré de la parole du chef de l’État. Chaque fois qu’il annonce une mesure en faveur des populations, un individu ou une société, se croyant au-dessus des lois, s’emploie à produire l’exact contraire de ce que dit le président Oligui Nguema.

C’est pourquoi,  réunis en comité ce 18 avril, les habitants d’Essassa, derrière Berthe et Jean, interpellent, à travers cette communication, le chef de l’État, garant des institutions et du bien-être des citoyens, afin de mettre fin à ce conflit foncier, qui risque d’entamer un peu plus la crédibilité de sa parole vis-à-vis de la population gabonaise. D’autant que ce litige semble avoir déjà été réglé par les autorités de l’ancien régime, qui avaient clairement opposé un refus aux velléités de la SNI.

Mais, au-delà du cas d’Essassa, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion du foncier au Gabon et la difficulté à concilier développement urbain et respect des droits des communautés locales. Si les faits dénoncés venaient à être confirmés, ils poseraient la question de l’autorité réelle de la parole publique et de sa mise en œuvre par les administrations et les sociétés d’État. 

Face à l’ampleur des accusations, une clarification rapide des autorités compétentes apparaît indispensable pour restaurer la confiance et prévenir une escalade sociale aux conséquences imprévisibles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*