Du rififi à l’AGASA: Jean Delors Biyogue dans la tourmente, pourquoi avoir muté un agent visé par une procédure judiciaire ? 

La mutation controversée d’Adamou Nzamba par Jean Delor Biyoghe soulève des interrogations sur une possible entrave à la justice © Dépêches 241

Libreville, le 1er juillet 2026 – (Dépêches 241). L’Agence Gabonaise de la Sécurité Alimentaire (AGASA) se retrouve une nouvelle fois sous les feux de l’actualité. Cette fois, la controverse porte sur la situation d’Adamou Nzamba, jusque-là délégué provincial de l’institution dans la Nyanga, aujourd’hui poursuivi dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur plusieurs faits présumés graves.

Au centre des interrogations, une décision administrative signée le 26 juin 2026 par le Directeur Général de l’AGASA, le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, portant mutation de l’intéressé vers la délégation provinciale du Moyen-Ogooué alors qu’une procédure judiciaire a été ouverte contre lui le 23 Juin.

Une décision qui, révélée au grand public alors que l’agent était déjà dans le viseur de la justice, alimente les soupçons d’une possible tentative de mise à l’abri ou, à tout le moins, d’un manque de discernement administratif face à une affaire judiciaire en cours.

Comment un responsable administratif peut-il procéder à la mutation d’un agent faisant déjà l’objet d’investigations judiciaires ? C’est la question qui revient avec insistance dans les milieux administratifs, judiciaires et au sein de l’opinion publique.

Selon les informations disponibles, le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntougou a signé, le 26 juin dernier, une note d’affectation transférant Adamou Nzamba dans la province du Moyen-Ogooué. Or, à cette période, l’intéressé faisait déjà l’objet d’une procédure engagée par les autorités judiciaires de la Nyanga.

Une mutation qui interroge et qui interpelle 

Pour plusieurs observateurs, cette décision apparaît difficilement compatible avec le contexte judiciaire entourant l’agent concerné. Certains y voient une simple mesure administrative, tandis que d’autres s’interrogent sur l’opportunité d’une telle décision au moment où la justice semblait accélérer ses investigations. 

L’affaire trouve son origine dans plusieurs signalements qui auraient été adressés à la direction générale de l’AGASA par le parquet de Tchibanga ainsi que par certains services de renseignement. Ces alertes concernaient les agissements présumés d’Adamou Nzamba dans l’exercice de ses fonctions à la tête de la délégation provinciale de la Nyanga.

Selon des sources concordantes, ces différentes alertes n’auraient pas entraîné de mesures particulières de la part de la hiérarchie. Face à cette situation, le parquet aurait décidé d’ouvrir une enquête approfondie.

Au fil des investigations, Adamou Nzamba a été mis en examen pour des faits présumés de corruption, concussion, extorsion et vol au préjudice de plusieurs opérateurs économiques de la ville de Tchibanga. L’évolution du dossier a conduit les autorités judiciaires à intensifier leurs recherches. Absent lors de sa comparution prévue devant le tribunal de première instance de Tchibanga le 23 juin dernier, l’intéressé a finalement été interpellé à Libreville par les forces de l’ordre.

Après son arrestation, il a été transféré vers la province de la Nyanga afin d’être mis à la disposition de la justice. Le 29 juin 2026, un mandat de dépôt lui a été décerné, conduisant à son placement à la prison centrale de Tchibanga où il demeure détenu à ce jour dans l’attente de la suite de la procédure.

Une décision administrative désormais au cœur des débats

L’arrestation puis l’incarcération d’Adamou Nzamba ont donné une résonance particulière à la décision de mutation signée quelques jours plus tôt par le Directeur Général de l’AGASA.

Pour de nombreux observateurs, la chronologie des événements soulève des interrogations légitimes. La proximité supposée entre le responsable provincial et le Directeur général nourrit davantage les spéculations autour des motivations réelles de cette affectation. Tout porte à croire que le Directeur Général de l’Agasa a tenté de soustraire Adamou Nzamba de la juridiction de la Nyanga au sein de laquelle des poursuites y étaient déjà engagées. 

Si aucune preuve n’établit à ce stade une volonté délibérée de faire obstacle à l’action judiciaire, plusieurs voix estiment néanmoins que la décision administrative manque de prudence au regard de la gravité des faits reprochés à l’agent concerné et de l’état d’avancement des investigations.

Cette situation remet également sur la table la question de la collaboration entre les institutions administratives et judiciaires, particulièrement lorsqu’un agent public fait l’objet de poursuites susceptibles d’affecter la crédibilité de l’administration qu’il représente.

Jean Delors Biyogue Bi Ntougou appelé à s’expliquer ?

Alors qu’Adamou Nzamba médite désormais sur son sort derrière les barreaux de la prison centrale de Tchibanga, l’attention se tourne progressivement vers la direction générale de l’AGASA.

Dans les cercles d’observation de la vie publique, nombreux sont ceux qui estiment que le Directeur Général devra fournir des explications sur les circonstances ayant conduit à la signature de cette mutation. L’objectif sera notamment de déterminer si cette décision relevait d’une simple gestion administrative ou si elle a pu avoir pour effet, volontaire ou non, de compliquer le travail de la justice.

Une chose est certaine, cette affaire, qui mêle gouvernance administrative, responsabilité hiérarchique et procédure judiciaire, risque de continuer à alimenter les débats dans les semaines à venir et pourrait avoir des répercussions sur l’image de l’AGASA, déjà fragilisée par plusieurs controverses ces dernières années.

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