
Libreville, le 7 juillet 2026 – (Dépêches 241). Deux arrêtés publiés le 19 juin au Journal officiel font grimper d’un coup la facture parafiscale sur les billets d’avion internationaux, de 10 000 à environ 39 000 FCFA. Effet immédiat dès la signature, le 10 juin. Aucun délai n’a été laissé aux compagnies aériennes ni aux agences de voyage pour ajuster leurs systèmes de billetterie, ni la moindre communication préalable aux voyageurs.
La redevance de sûreté passe de 10 000 à 22 000 FCFA à l’international, plus du double. S’y ajoute une toute nouvelle taxe de 30 dollars par passager, dédiée au financement d’une plateforme de contrôle frontalier qui n’existait pas jusqu’ici. Sur le réseau domestique et régional, la hausse est du même ordre, avec des tarifs qui doublent presque partout.
Le fret aérien n’est pas épargné : une redevance de 500 à 1 000 FCFA le kilo s’applique désormais aussi aux marchandises et au courrier, sans distinction entre un colis e-commerce et un envoi médical urgent. Une charge supplémentaire pour tous ceux qui font transiter des marchandises par avion faute d’alternative.
Sur les quinze premières années de la nouvelle taxe, l’essentiel de la recette échappe pourtant au Trésor gabonais : l’ONSFAG ne perçoit que 25% des 30 dollars par billet pendant les cinq premières années, le reste allant au concessionnaire chargé de la plateforme. Même logique côté sûreté, où la totalité de la hausse est fléchée vers le remboursement d’un contrat de financement et de maintenance conclu avec un prestataire privé, et non vers le budget de l’État.
L’État valide, les compagnies encaissent l’impopularité, et le passager gabonais paie la facture sans avoir été consulté. Aucun bilan, aucune évaluation d’impact sur le trafic ou la compétitivité du hub gabonais n’a été rendue publique avant la signature. Reste à voir si les autorités communiqueront un jour sur le montant réel des flux financiers générés par ces deux concessions.







