
Libreville, le 6 octobre 2026 – (Dépêches 241). Alors que les difficultés d’approvisionnement en carburant continuent de peser sur le quotidien des usagers, le ministère du Pétrole et du Gaz vient d’encadrer davantage les conditions de distribution du carburant à la pompe. Dans une circulaire datée du 6 octobre 2026, la Direction Générale de l’Aval Pétrolier et Gazier (DGAPG) interdit désormais aux principaux opérateurs de servir du carburant dans des récipients alimentaires ou dans tout contenant dont la solidité et la sécurité ne sont pas garanties.
Adressée aux directions générales de Petro Gabon, Total Energies Marketing Gabon, Gab Oil, OLA Energy et Vivo Energy Gabon, la circulaire invoque les difficultés d’approvisionnement actuellement observées sur le territoire national et la recrudescence du transport de carburant dans des contenants jugés inadaptés. Le document cite notamment les bidons de type AKEWA, SOURCE ORIGÈNE, ainsi que d’autres récipients alimentaires, considérés comme présentant « un risque d’incendie et d’intoxication très élevé pour les ménages ».
LIRE AUSSI: Gabon : après le gasoil, Libreville frappée par une pénurie d’essence ?
La Direction générale de l’Aval pétrolier et gazier rappelle ainsi que le carburant ne doit être délivré que dans des contenants répondant à des exigences minimales de sécurité. Sont notamment autorisés « les jerricans en PEHD homologués de 5 à 20 litres, ainsi que les jerricans PEHD homologués équipés d’un bec verseur sécurisé », soutient la circulaire.
Le ministère prévient par ailleurs que le non-respect de ces prescriptions expose les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur. À travers cette directive, l’administration entend donc responsabiliser à la fois les distributeurs et les consommateurs, dans un contexte où la tension sur l’approvisionnement favorise le recours à des moyens de transport du carburant qui ne répondent pas nécessairement aux standards de sécurité.
LIRE AUSSI: Gabon: Libreville la capitale accablée par une pénurie de gasoil depuis 72 heures
Sur le principe, la préoccupation n’est pas sans fondement. Le transport d’un produit aussi inflammable que le carburant dans des récipients alimentaires ou fragiles peut effectivement exposer les ménages à des risques d’incendie, de fuite ou d’intoxication. La volonté de privilégier des contenants homologués participe donc d’une logique légitime de protection des personnes et des biens.
Reste toutefois une question essentielle, que cette circulaire ne saurait éluder : comment appliquer une telle interdiction dans un contexte de pénurie, lorsque l’usager ne cherche pas à stocker du carburant mais simplement à rejoindre son domicile ou à remettre son véhicule en circulation ?
La question reste ouverte.







