Gabon : Béni Ngoua Mbina relance le débat sur la pénalisation de l’homosexualité

Le député Ngoua Mbina ravive la problématique de la pénalisation de l’homosexualité au gabon. © Dépêches 241

Libreville, 26 octobre 2026-(Dépêches 241) Le député Béni Ngoua Mbina, élu de Mougoutsi, relance le débat sur la pénalisation de l’homosexualité au Gabon. En réclamant de nouveau une réponse pénale contre les relations entre personnes de même sexe, le parlementaire remet sur la table une question que la réforme de 2020 semblait avoir tranchée. Cette initiative ravive ainsi les tensions entre défense des valeurs morales, libertés individuelles et rôle de la loi dans la vie privée.

Pour concrétiser cette orientation, l’élu entend s’appuyer sur l’article 212 du Code pénal, relatif aux atteintes aux bonnes mœurs. Le texte prévoit actuellement des sanctions contre certains écrits, images ou discours jugés contraires aux bonnes mœurs, sans ériger explicitement l’homosexualité en infraction. Selon les éléments présentés, Béni Ngoua Mbina souhaite durcir les peines, en les portant à cinq ans d’emprisonnement et à dix millions de francs CFA d’amende. Une telle évolution nécessiterait toutefois l’adoption d’une modification législative.

Cette démarche s’inscrit dans un débat marqué par plusieurs revirements. En 2019, le législateur avait réintroduit une disposition pénalisant les relations entre personnes de même sexe, avant sa suppression en 2020 sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba. Depuis, la question ressurgit régulièrement dans les discussions politiques et sociales, notamment autour de l’éducation et de la préservation des valeurs culturelles. La réforme constitutionnelle de la Transition, qui définit le mariage comme l’union de deux personnes de sexes opposés, n’a cependant pas rétabli, à elle seule, l’infraction supprimée en 2020.

Au-delà de la procédure parlementaire, cette initiative oppose deux conceptions de la société. Pour ses défenseurs, une intervention législative plus ferme permettrait de protéger les valeurs morales et culturelles du pays. C’est pourquoi pour le député: « il faut condamner l’homosexualité », estimant que c’est un paradoxe de prétendre protéger nos valeurs culturelles et les bonnes mœurs tout en tolérant des penchants sexuels contre-natures. Pour ses détracteurs, une telle orientation soulève des interrogations sur les libertés individuelles et les limites de l’intervention de l’État dans la vie privée. 

L’examen de la proposition par les parlementaires sera donc déterminant pour apprécier sa portée réelle et déterminer si elle peut franchir les différentes étapes du processus législatif. Cette proposition de loi permettra également de savoir si la dépénalisation de l’homosexualité était liée à la gouvernance scabreuse d’Ali Bongo ou, au contraire, les vrais initiateurs de cette ignominie sexuelle sont toujours tapis dans l’ombre du pouvoir actuel. 

Certes, la relance portée par Béni Ngoua Mbina ne constitue pas encore un retour effectif à la pénalisation de l’homosexualité. Car,  tant que la proposition n’aura pas été examinée puis adoptée selon la procédure législative, le droit en vigueur ne pourra être considéré comme modifié sur ce point. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur une réforme concrète ou si elle demeurera une nouvelle séquence d’un débat politique et sociétal récurrent au Gabon.

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