Gabon : Libreville et Port-Gentil aux aurores du lancement du réseau 5G de Moov Africa

Moov Africa Gabon-Telecom lance la 5G au Gabon, en commençant par Libreville et Port-Gentil. © Dépêches 241

Libreville, le 27 octobre 2026-(Dépêches 241) Le Gabon entre dans une nouvelle étape de son développement numérique. Le lundi 26 octobre 2026, Moov Africa Gabon Télécom a officiellement lancé la cinquième génération de téléphonie mobile (5G) dans le Grand Libreville et à Port-Gentil. Présentée comme un accélérateur de la transformation numérique, cette technologie promet des débits plus élevés, une latence réduite et de nouvelles possibilités pour les particuliers, les entreprises et les administrations. Son déploiement reste toutefois progressif, alors que plusieurs pays occidentaux et africains exploitent déjà cette technologie depuis quelques années.

Pour le directeur général de Moov Africa Gabon Télécom, Zouheir Jorio, ce lancement dépasse la simple évolution des réseaux de télécommunication. Il s’inscrit dans une ambition plus large : mettre l’innovation au service des usages, des talents et du développement économique. L’opérateur entend notamment favoriser l’émergence de nouvelles applications dans l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat, l’industrie et les loisirs numériques. Dans cette première phase, seuls les usagers situés dans les zones couvertes du Grand Libreville et de Port-Gentil peuvent potentiellement bénéficier du réseau, avant son extension progressive aux autres localités du pays.

Au-delà de l’amélioration de la connexion, le gouvernement mise sur les retombées économiques de cette nouvelle technologie. Le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, espère qu’elle contribuera à accroître la productivité des travailleurs et des entreprises. D’autant que pour lui, « Un Gabonais doit valoir 3 à 4 travailleurs dans notre pays », a-t-il déclaré, soulignant ainsi les ambitions de performance associées à la transformation numérique. La 5G pourrait notamment , selon ses promoteurs, faciliter l’automatisation de certaines tâches, accélérer les échanges de données et améliorer l’efficacité des activités pour les professionnels.

Les perspectives concernent également les objets connectés, qui permettent à des équipements de communiquer entre eux et de transmettre des informations en temps réel. Dans les secteurs forestier, minier, sanitaire ou encore du bâtiment et des travaux publics (BTP), ces applications pourraient, sans doute, améliorer la surveillance des installations, le suivi des opérations et la gestion des ressources. 

Dans ce contexte, le président du Conseil de régulation de l’ARCEP, Célestin Kadjidja, a salué une « avancée décisive », fruit de négociations engagées depuis plus d’un an avec les opérateurs de télécommunications. Quant au Directeur Général d’Airtel Gabon, Thomas Herbert Gutjahr, il a appelé les opérateurs, les pouvoirs publics, les partenaires et les citoyens à transformer ces possibilités technologiques en progrès tangibles.

Ainsi, si le lancement de la 5G marque une étape importante dans le paysage numérique du pays, son impact dépendra désormais de l’étendue de la couverture et de son accessibilité financière. Car, pour en profiter, les abonnés doivent disposer d’un smartphone compatible et se trouver dans une zone effectivement desservie. La compatibilité de la carte SIM devra également être vérifiée auprès de l’opérateur. 

Par ailleurs, le calendrier d’extension du réseau dans les autres provinces reste un élément déterminant pour éviter que les bénéfices de cette technologie ne se concentrent uniquement dans les principaux centres urbains. Le déploiement devra donc s’inscrire dans une stratégie cohérente avec les orientations du gouvernement et de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) afin d’éviter la fracture numérique. 

Quoi qu’il en soit, le lancement de la 5G au Gabon ouvre des perspectives réelles pour la modernisation des services, l’innovation et la compétitivité des entreprises. Mais une technologie, aussi performante soit-elle, ne constitue pas à elle seule une garantie de développement. La réussite de cette transition dépendra de la capacité des opérateurs à couvrir l’ensemble du territoire, du coût des équipements et des forfaits, ainsi que de la capacité des entreprises et des administrations à intégrer ces nouveaux outils dans leurs activités. 

L’enjeu ne sera donc pas seulement de connecter le Gabon à la 5G, mais de faire en sorte que cette avancée produise des résultats mesurables dans l’économie et améliore concrètement le quotidien des populations.

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