
Libreville, le 28 octobre 2026-(Dépêches 241) Prévu initialement pour être lancé le 10, puis repoussé au 24 octobre 2026, mais finalement annulé pour une Task-Force sur la situation du football gabonais, dont les travaux ont également été repoussés, le National foot 1 n’a toujours pas démarré. Aujourd’hui, ce sont les conclusions de ces travaux qui ont été, à leur tour, reportées sine die. Sans préjuger des raisons pouvant justifier ces reports répétitifs, c’est le démarrage des championnats nationaux de première et deuxième division de football qui en pâtit et cumule des retards. Pendant ce temps, les clubs continuent d’engager des dépenses liées aux salaires, aux déplacements et à l’entretien de leurs structures, dans l’attente d’une reprise des compétitions dans les meilleurs délais. Une situation particulièrement préoccupante, qui met en lumière les difficultés de gouvernance du sport roi par les pouvoirs publics.
Après plusieurs reports du démarrage des compétitions nationales, le nouveau report de la cérémonie de clôture de la Task-Force sur le football gabonais, dont les travaux devaient se tenir du 22 du 26 octobre, semble avoir fini par exaspérer les acteurs du football national. Alors que l’opinion publique attendait les conclusions de ces assises, initialement espérées le 26 octobre, puis le 28 octobre, le ministère des Sports annonce un nouveau report, cette fois sans communiquer de date précise.
Loin d’apaiser les inquiétudes, ce nouvel ajournement ravive les tensions et alimente les interrogations sur la capacité de la tutelle à sortir le football gabonais de l’impasse. Dans l’opinion, une question d’apparence comique mais qui, au regard de l’immobilisme actuel, commence à faire sens pour dénoncer cette succession de renvois : le ministère des Sports serait-il devenu le « ministère des reports » ? Rien n’est moins sûr.
Les premiers à payer les conséquences de cette situation sont, indubitablement, les dirigeants de clubs, qui se retrouvent contraints de maintenir leurs structures à flot alors que les compétitions restent à l’arrêt. Les joueurs ne sont pas épargnés. Principalement, pour ceux qui sont régulièrement appelés en sélection nationale, dont l’absence de compétition constitue un handicap supplémentaire, susceptible d’affecter leur rythme et leur niveau de performance à l’approche de la prochaine trêve internationale.
La situation est d’autant plus préoccupante que, lors du dernier rassemblement des Panthères du Gabon, le sélectionneur national, Sébastien Migné, aurait éprouvé des difficultés à convoquer certains joueurs évoluant en National Foot 1, estimant qu’ils manquaient de compétition. Si cette appréciation traduit les limites d’un championnat à l’arrêt, elle souligne également les conséquences possibles de cette paralysie sur la compétitivité de la sélection nationale.
Avec ce nouveau report, la situation risque de se compliquer davantage. Car non seulement la date de publication des conclusions de la Task-Force demeure inconnue, mais cette incertitude entretient également le flou autour du démarrage effectif des championnats de première et de deuxième division. Or, chaque semaine perdue fragilise un peu plus les clubs, désorganise la préparation des joueurs et réduit les marges de manœuvre des responsables chargés de planifier la saison.
Si les difficultés structurelles du football gabonais ne sauraient être résolues en quelques jours, la répétition des reports ne fait qu’accentuer les inquiétudes. Au-delà des contraintes qui peuvent peser sur les travaux de la Task-Force, c’est désormais la capacité des autorités sportives à fixer un calendrier crédible et à le respecter qui est mise à l’épreuve.
Soyons clairs, le football gabonais n’a pas seulement besoin de diagnostics supplémentaires : il a surtout besoin de décisions concrètes, d’un calendrier précis et d’engagements tenus. La Task-Force ne saurait devenir un mécanisme de prolongation de l’attente, alors que les clubs s’épuisent financièrement et que les joueurs risquent de perdre en compétitivité. Le ministère des Sports doit désormais sortir de cette logique de reports à répétition et apporter des réponses claires aux acteurs concernés.
D’autant qu’à force de repousser les échéances, le risque est grand de voir la crise administrative se transformer en véritable crise sportive. Cela, au détriment des clubs, des joueurs et de l’ensemble des acteurs du football gabonais.







