CNT : les agents de Trans’Urb et de la SOGATRA annoncent la reprise de leur mouvement de grève

Engagements non respectés, méfiances, Sogatra et Trans’Urb annoncent le retour de la grève © Dépêches 241

Libreville, le 2 novembre 2026-(Dépêches 241). Les syndicats de la Société gabonaise de transport (Sogatra) et de Trans’Urb ont annoncé, mardi 27 octobre à Libreville, la levée de la suspension de leur mouvement de grève. Réunis en assemblée générale au siège de la Compagnie nationale des transports (CNT), les travailleurs ont dénoncé des engagements non tenus, tant sur les salaires que sur la fusion des deux entités. La menace de grève, qui plane à nouveau sur le secteur, semble témoigner d’une crispation persistante entre la direction et les représentants du personnel.

Le principal grief apparaît être, comme souvent, les impayés. Selon Émile Okongo, vice-président du syndicat, les salaires restent bloqués au budget sans ordre de paiement. « Nous sommes à presque deux mois de salaires impayés », déplore-t-il, une situation confirmée par la présidente Évangéline Ndjako Ndaka-Ngowet qui a déclaré: « Jusqu’à ce jour, il n’y a toujours pas d’ordre de paiement. » Mais au-delà de la question salariale, les agents réclament leur implication dans le processus de fusion, se sentant tenus à l’écart des décisions qui concernent directement leur avenir professionnel.

Cette nouvelle tension sociale vient rappeler que l’absorption de la Sogatra et de Trans’Urb par la Compagnie nationale des transports (CNT) n’a pas, contrairement aux espoirs affichés, mis fin aux difficultés dans le secteur des transports publics gabonais. Lancée, pourtant, en grande pompe sous l’égide du ministère des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, la CNT devait incarner un nouveau départ, synonyme de modernisation, de régularité et de stabilité pour les entreprises de transport public. Or, les problèmes structurels perdurent, retards de paiement, opacité dans la gestion, absence de dialogue social véritable. Le changement de bannière n’a visiblement pas changé la réalité vécue au quotidien par les travailleurs.

Face à cette situation, les agents interpellent directement le chef de l’État et le gouvernement pour une issue urgente, estimant que les voies institutionnelles n’ont pas porté leurs fruits. Selon Essono Abaha « Nous ne demandons qu’à travailler et à être payés en temps et en heure », insiste le délégué. Ce propos résume à lui seul l’attente des salariés. Le bras de fer qui se profile risque une nouvelle fois de paralyser le transport urbain dans la capitale, au détriment des usagers, quoique, déjà accoutumés aux perturbations du secteur.

Ce nouvel épisode révèle une évidence : la création d’une compagnie nationale, aussi médiatisée soit-elle, ne saurait se substituer à une gestion rigoureuse et à un dialogue social sincère. Tant que les salaires resteront tributaires de circuits de décision opaques et que les agents seront écartés des grandes transformations de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, les grèves se succéderont, quel que soit le nom porté par l’entreprise. 

Il appartient désormais au ministère des Transports, garant de la réussite du projet CNT, de transformer les promesses en actes concrets. Au risque de voir la crédibilité de toute la réforme ne soit définitivement entamée.

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