Cap Santa Clara : le FMCT menace-t-il de déguerpissement plus de 400 familles au nom d’un titre foncier de moins d’un mois ?

Les populations du Cap Santa Clara s’insurgent contre un déguerpissement supposé par la FMCT sur la base d’un titre foncier obtenu le 5 octobre 2026.  © Dépêches 241

Libreville, le 2 novembre 2026-(Dépêches 241) Installées pour certaines depuis 1974, voire avant, plus de 400 familles de Santa Clara disent être menacées d’expulsion par des personnes se réclamant de la Façade maritime du Champ triomphal (FMCT). Au cœur de leur inquiétude : un titre foncier portant sur 240 hectares, obtenu le 5 octobre 2026. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur la reconnaissance des droits des occupants historiques et les conditions d’un éventuel déguerpissement.

Au Cap Santa Clara, l’inquiétude grandit au sein d’une communauté qui affirme être installée sur ces terres depuis plusieurs décennies. Selon la déclaration des populations concernées, certains habitants y vivent depuis 1974, tandis que d’autres seraient présents depuis une date encore antérieure. Au fil des années, ces familles disent avoir acquis leurs parcelles auprès d’autres Gabonais, construit leurs habitations et engagé des investissements parfois considérables. C’est donc avec stupéfaction qu’elles auraient appris que des personnes se réclamant de la Façade maritime du Champ triomphal disposeraient d’un titre foncier couvrant une superficie de 240 hectares dans leur zone d’habitation.

Ce qui rend cette situation particulièrement incongrue, aux yeux des habitants, tient au décalage entre leur ancienneté sur les lieux et la menace d’expulsion qu’ils disent subir. Comment envisager le départ de centaines de familles qui ont construit leur vie sur ces terres depuis des décennies, sans que leur situation individuelle ait, selon elles, été préalablement examinée ? Les résidents affirment avoir reçu des injonctions leur demandant de suspendre leurs travaux, assorties de menaces de déguerpissement. Ils déplorent également n’avoir été ni identifiés au préalable ni informés de la nature exacte du projet qui justifierait une telle opération. À ce stade, ces éléments relèvent toutefois de leur déclaration et nécessiteraient d’être confrontés à la version du FMCT ainsi qu’aux documents fonciers concernés.

La question de l’ancienneté du titre foncier évoqué par les habitants ajoute une dimension supplémentaire à la controverse. Selon leurs affirmations, celui-ci daterait de moins d’un mois, parce que délivré seulement le 5 octobre 2026. Si cette chronologie était confirmée, elle ne suffirait pas, à elle seule, à invalider le titre ni à établir les droits respectifs des parties. Elle rendrait néanmoins indispensable un examen rigoureux de la situation foncière, des actes de propriété invoqués, de leurs limites géographiques et des droits éventuellement détenus par les occupants. Car un document foncier récent, quelle que soit sa portée juridique, ne saurait dispenser les autorités compétentes d’éclaircir les éventuels conflits de droits ni justifier que les conséquences d’un projet soient imposées aux populations sans que leur situation soit examinée.

Au-delà du différend foncier, c’est le sort de plus de 400 familles qui se trouve ainsi posé. Derrière ce chiffre, il y a des habitations, des économies accumulées au prix de longues années d’efforts, des chantiers en cours et des projets familiaux menacés d’être compromis. Les habitants disent ne pas comprendre qu’un projet dont ils ignorent les contours puisse remettre en cause leur présence sur des terres qu’ils considèrent comme leurs villages, sans concertation préalable. Leur inquiétude dépasse donc la seule question de la propriété : elle concerne également la sécurité des personnes, la stabilité sociale et la confiance que les citoyens peuvent accorder aux institutions chargées de protéger leurs droits.

Face à cette situation, les populations de Santa Clara entendent alerter l’opinion publique et les plus hautes autorités du pays. Elles ne réclament pas, selon leur déclaration, un traitement de faveur, mais la reconnaissance de leurs droits, l’examen de leur situation et la possibilité de vivre en paix dans leur pays. Elles demandent, en substance, que leur ancienneté sur les lieux et les investissements réalisés ne soient pas ignorés au profit d’une procédure dont elles disent ne pas connaître les fondements. Dans ce contexte, il appartient aux autorités compétentes, ainsi qu’aux parties concernées, d’apporter des éclaircissements sur le titre foncier évoqué et sur les mesures d’accompagnement envisagées.

Vouloir déguerpir plus de 400 familles, dont certaines affirment vivre au Cap Santa Clara depuis des années 70, voire avant, au nom d’un titre foncier qui, selon elles, daterait de moins d’un mois, constitue une situation pour le moins troublante qui appelle des explications précises. Cela dit, sans préjuger de la validité juridique du titre ni des droits respectifs des parties, une question demeure : comment prétendre conduire un projet d’aménagement sans clarifier au préalable la situation des familles installées sur le terrain depuis des décennies ? D’autant que dans un véritable État de droit, l’aménagement du territoire ne devrait pas se transformer en source d’insécurité pour les citoyens, elle se fait en collaboration avec eux. 

Dans ces conditions, la priorité devrait être la transparence, la vérification des droits fonciers et la recherche d’une solution respectueuse des procédures légales, afin que ce conflit de propriété ne se transforme pas en crise sociale à Santa Clara.

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