
Libreville, le 2 Novembre 2026 – (Dépêches 241). Sur le chantier de la future université de Mouila, l’entreprise Le Roi des Chantiers (LRC), du consortium Jeta Group, a installé sa propre centrale à béton. Plus qu’un équipement industriel, cette infrastructure change la donne : elle accélère les travaux du campus et ouvre la voie à d’autres réalisations dans la province, des logements aux routes en passant par les équipements publics.
Produire le béton sur place répond à l’une des difficultés majeures du projet. Comme l’expliquait le chef de chantier dans un mini film réalisé par le Groupe Dépêches Gabon, « tous les éléments nécessaires à la fabrication d’un mètre cube de béton (fer, ciment, carburant) viennent aujourd’hui de Libreville. Cet éloignement alourdit les coûts et allonge les délais », soulignait-il comme difficulté entre autres, rencontrée sur le chantier.
En disposant de cette centrale à béton, Le Roi des Chantiers maîtrise désormais la fabrication au plus près des bâtiments en cours d’édification et peut tenir le rythme de ce chantier d’envergure. Un projet universitaire comprenant huit bâtiments pédagogiques et administratifs, 25 pavillons résidentiels, une cité pour les enseignants, un stade et les voiries internes, sur 70 hectares.
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La centrale est aussi précieuse pour les fondations car faible portance des sols avait imposé aux équipes de reconstituer le terrain sur cinq mètres de profondeur, une opération qui a mobilisé près de 4 000 rotations de camions.
Un outil au service de tout le territoire.
L’intérêt de cette installation dépasse l’enceinte universitaire. Elle intervient à un moment stratégique, alors que 100 logements de deux et trois chambres doivent prochainement sortir de terre au quartier Bavanga, à Mouila.
Le ministre du Logement, Mays Mouissi, a assuré qu’il restait pleinement mobilisé pour accompagner les investissements qui renforcent les capacités de construction du pays et soutiennent le développement des provinces. La centrale permettra ainsi de mutualiser une capacité de production locale au profit de projets publics, tout en réduisant la dépendance aux approvisionnements extérieurs.
Pour compléter ce dispositif, les responsables du chantier plaident pour l’ouverture d’un accès légal à une carrière d’agrégats à trois kilomètres du site et pour l’installation par Cimaf d’un dépôt de ciment de 1 000 tonnes à proximité. Deux mesures qui consolideraient la chaîne locale du béton.
Une entreprise qui voit grand.
Cette initiative illustre l’état d’esprit du Roi des Chantiers, piloté par Joseph Trésor Agano. Là où l’État demandait de concentrer les efforts sur trois bâtiments à savoir arts et métiers, faculté des sciences, rectorat, l’entreprise a choisi de construire l’intégralité des huit édifices prévus, épousant la vision d’ensemble du chef de l’État.
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Sept d’entre eux sont déjà sortis de terre. Elle a aussi relevé le défi du recrutement, en faisant venir des techniciens qualifiés faute de main-d’œuvre sur place, et accepté de porter la capacité des pavillons étudiants de 600 à 1 500 places sur instruction du ministre de tutelle.
Un chantier ressuscité après vingt ans d’attente
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut rappeler que l’histoire de ce campus remonte à 2005, lorsque Omar Bongo Ondimba posa la première pierre d’une université destinée à désenclaver l’offre de formation supérieure dans la Ngounié. Les années suivantes n’ont été qu’un chantier fantôme, régulièrement évoqué dans les discours mais jamais réellement engagé.
Les travaux n’ont démarré que le 24 mars 2024, près de vingt ans après la pose symbolique. Depuis, le site a pris corps, sols reconstitués, sept bâtiments sur huit sortis de terre et, désormais, une centrale à béton qui donne au projet les moyens de son achèvement. Une dynamique portée par LRC et le consortium Jeta Group, qui font de Mouila la preuve qu’une promesse longtemps différée peut devenir réalité.







