
Libreville, le 4 Novembre 2026 – (Dépêches 241). Quand la tribune parlementaire devient une scène de démonstration populiste, c’est la qualité même du débat démocratique qui est mise à l’épreuve. En s’invitant dans les querelles du football gabonais, un député aurait-il sacrifié l’exigence de rigueur sur l’autel de la popularité ? Dans cette tribune, Pablo Moussodji Ngoma dénonce une instrumentalisation du débat sportif et rappelle qu’en matière de gouvernance, l’expertise ne saurait être supplantée par les effets de tribune.
« On peut tout laisser passer, sauf quand la Nation se sent désabusée par des apprentis sorciers au nom de la légitimité populaire. Il faut d’entrée que l’on cesse de croire que ceux qui crient beaucoup sont les plus intelligents dans ce pays.
Visiblement, on préfère se tromper avec un talentueux, voire un griot, qu’avoir raison avec un spécialiste du domaine. La technicité semble réduite au second plan dans plusieurs domaines. L’imposture s’installe davantage dans un pays où tout le monde a un mot à dire sur tous les sujets sans aucune expertise.
La tribune de l’Assemblée Nationale est un lieu par excellence, où le débat doit être à la hauteur des enjeux. Un débat élitiste, sur la route de feu Pierre Mamboundou, Maître Agondjo okawe, Anaclet Bissielo, Ogouliguendé, la liste est loin d’être exhaustive et tous les grands esprits qui ont posé les jalons de ce débat contradictoire et enrichissant pour les gabonais.
Toute cette histoire s’oppose aux tricheurs qui veulent convaincre sans prouver. Ces gens qui veulent désacraliser la fonction de député.
L’intervention théâtralisée de cet honorable assez discret ne peut me laisser indifférent face aux âneries évoquées sur les structures de formation entre autres.
Quelle honte!
On doit effectivement avoir honte de mobiliser la Télevision Nationale en prime time, pour exposer avec légèreté son ignorance sur des sujets aussi pointus qui nécessitent une réflexion structurée.
Les interventions des membres du Gouvernement, faut-il le rappeler, visent en même temps à donner des réponses aux préoccupations des gabonais par le Gouvernement et remonter les attentes du peuple.
Ce Député populiste en voulant arracher la sympathie du public n’a fait que lire et citer en exemple, tous les « opposants » de Pierre Alain MOUNGUENGUI dans le football.
Il voulait sans doute séduire et donner du crédit à ces candidats contestataires ne jouissant d’aucune légitimité, plus connus pour leurs joutes oratoires.
Drôle de coïncidence avec les prochaines élections à la FEGAFOOT, les choses sont faites comme si on voulait tromper le chef. Le football aurait été isolé, si de façon factuelle, les résultats de Dakar avaient constitué l’exception. Le mal est donc profond, il convient de faire preuve de réalisme.
Soyons lucides, et allons-y au travail pour le bien de tous. On n’a pas besoin des mercenaires pour soigner le mal. Les derniers travaux sur la réflexion du foot ont réuni l’ensemble des forces. L’honorable discret a donc raté l’occasion de se taire ».
Pablo MOUSSODJI NGOMA
Journaliste







