Gabon: Le Ministre de l’Intérieur déjà attendu par la Ligue Anti-Animiste ?

Owone Nguema invite le nouveau Ministre de l’Intérieur à faire respecter l’autorité de l’État, devant ce qui s’apparente au défi lancé par la ligue anti-animiste du Gabon.© Dépêches 241

Libreville, le 20 Octobre 2026 – (Dépêches 241). Face à l’acte de défiance ouvertement perpétré par le représentant de la ligue anti-animiste du Gabon, Lafael Ngouma, à l’endroit du ministre de l’Intérieur, Owone Nguema, enseignant de philosophie et libre penseur appelle l’autorité compétente à affirmer la primauté absolue de la loi sur les intérêts particuliers, car lorsqu’une organisation privée choisit délibérément de s’affranchir du cadre légal, elle ne commet pas seulement une infraction, elle conteste l’autorité de l’État et fragilise le consentement à la règle collective. Nous publions in extenso sa nouvelle tribune.

« La récente sortie de presse du nouveau ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, monsieur Edgard Moukoumbi, pour puissante qu’elle paraisse au vu de sa résonance sur les réseaux sociaux et dans la presse en ligne, reste, à notre avis, un acte de parole purement politique. D’abord parce qu’une parole, dès lors qu’elle n’a pas d’effet, n’a aucune crédibilité manifeste. Tout au plus serait-elle peut-être bonne à s’attirer la sympathie populaire. Mais cela ne peut suffire à convaincre les esprits lucides. Car l’éloquence, si brillante soit-elle, ne remplace jamais l’action concrète.

En outre, peut-être qu’en entrant par ce fracas, le nouveau ministre veut détourner l’attention des populations du problème le plus en vue en ce moment pour le ministère dont il a la charge : les Gabonais qui appellent et attendent de leur gouvernement qu’il règle les problèmes liés au taux élevé d’immigrés sur notre territoire. Soit. Convenons néanmoins de rester prudents et d’espérer qu’il ne s’agisse pas simplement d’un écran de fumée, mais d’une réelle stratégie qui doit méthodiquement se concrétiser.

Même à considérer que notre point de vue soit impertinent ou clairement faux, restera tout de même un défi à relever : celui de sauver sa crédibilité et, par extension, celle de la République dont il est aujourd’hui garant par sa fonction. Et cela encore parce que ce défi lui a été ouvertement lancé par un concitoyen chrétien, monsieur Lafael Ngouma, tenu pour être le porte-parole de la Ligue anti-animiste, coalition d’individus dont le combat est, selon eux, la défense du christianisme et la dénonciation de la sorcellerie pratiquée par les hommes et femmes de traditions dans notre pays. Ce défi n’est pas anodin. Il met en jeu la crédibilité de la puissance publique. Et pour cela, il doit permettre de déterminer assez clairement qui, de l’État ou des églises, est dépositaire du pouvoir en République.

Tout est là, et le défi est lancé. Reste au ministre de l’Intérieur, nanti de la force publique, à défaut de s’attaquer au problème prioritaire de l’immigration, de faire appliquer la loi républicaine et de préserver le Gabon de tous ces charlatans qui se font passer pour des pasteurs. La tâche est immense, mais elle est à sa mesure. Tout comme les attentes populaires sont légitimes. L’heure n’est plus aux effets d’annonce. Le peuple gabonais, lui, attend des actes.»

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