Déclaration de Lee White:quand un expatrié gavé par le Gabon se vautre dans la condescendance 

Apres avoir été candidat au Gabon, l’écossais, Lee White estime que la seule expérience politique qu’il a du gabon, c’est qu’il faut danser pour être élu. © Dépêches 241

Libreville, le 5 novembre 2026-(Dépêches 241) Alors qu’il distribuait des tracts électoraux dans le Howe of Fife, en Écosse, où il s’est lancé dans une nouvelle carrière politique locale, Lee White a glisser une boutade pour le moins curieuse en ces termes: « Ma seule expérience précédente en politique a été au Gabon, où il faut danser pour se faire élire. » Une phrase en apparence légère, mais d’une condescendance particulièrement horripilante. Car, elle décrit en une image presque folklorique toute la vie politique gabonaise, quand bien même , il a été gavé, trente ans durant, a vécu et prospéré au cœur de ce même système politique, non comme spectateur désintéressé, mais comme acteur patenté du pouvoir.

Arrivé au Gabon fin des années 80, naturalisé gabonais en 2008, nommé directeur de l’Agence nationale des parcs nationaux, puis ministre des Eaux et Forêts, de la Mer et de l’Environnement en 2019 sous Ali Bongo Ondimba, Lee White a gravi tous les échelons de l’appareil d’État. Il n’en a pas été moins candidat du PDG, le parti au pouvoir, aux élections départementales de juillet 2023 dans la Lopé, investiture en main et ambitions affichées. Ceux qui, comme lui, ont dansé sur le plateau politique gabonais de longue date ne peuvent sincèrement réduire cette expérience à quelques pas de danse, sauf à penser que tout ce qu’ils ont gagné là-bas ne mérite aucune considération une fois la malle bouclée.

De la proximité du pouvoir à la fuite : une reconversion politique à géométrie variable

Le reste de la trajectoire laisse, lui aussi, songeur. Après le 30 août 2023, l’ancien ministre est entendu par la justice, inculpé de détournement de fonds publics, de concussion, de blanchiment et d’irrégularités dans l’attribution des permis forestiers, avant de quitter le pays le 7 octobre, officiellement pour raisons médicales, avec l’accord des nouvelles autorités. Il a depuis trouvé refuge auprès des électeurs écossais, sans répondre au fond des accusations, tout en évoquant un jour un retour « comme scientifique ». 

De la chaleur du pouvoir gabonais au froid nordique des joutes locales, la conversion semble complète : celui qui hier comptait sur l’étiquette du parti présidentiel pour briller dans la Lopé s’est aujourd’hui métamorphosé en érudit de la démocratie, désormais trop évolué pour la politique gabonaise.

Cette bascule invite à une réflexion plus large, et plus utile que l’anecdote elle-même. Les étrangers qui arrivent au Gabon, y sont formés, naturalisés, encasqués de responsabilités et de privilèges, puis repartent au premier revers pour égratigner dans leur pays d’origine celui qui les a pourvus, ne sont pas une exception. Lee White est un cas d’école : il a profité des largesses du Gabon et de son gouvernement, goûté aux honneurs et aux postes, et il offre aujourd’hui à ses concitoyens écossais une caricature de son pays d’adoption pour se faire valoir. L’égoïsme est patent, l’ingratitude franche, la condescendance assumée : il n’y a plus de « Gabon vert », de PDG ni de folklore électoral dans son récit, il ne reste qu’un souverain légèrement agacé de se souvenir qu’il a un jour dû, paraît-il, « danser » pour être élu.

L’ingratitude des bénéficiaires, le laxisme des autorités : le Gabon face à ses propres contradictions

Cette sortie, loin d’être anodine, devrait servir de réveil aux autorités gabonaises, qui ont la fâcheuse tendance à favoriser à s’ouvrir aux étrangers, au détriment des nationaux. Elle dessine le portrait que certains étrangers se font de la gouvernance gabonaise et de la pratique de la politique au Gabon. Car, selon ces déclarations dégradantes, le Gabon est un théâtre où il suffit aux expatriés de faire bonne figure pour obtenir les faveurs du pouvoir. Si cette image fait sourire à Fife, elle provoque l’ire des gabonais, non pas envers ces profiteurs, mais davantage contre ceux qui ont laissé partir Lee White sans rendre les compte de Ayla justice gabonaise. À ceux qui gouvernent et à tous les acteurs de la vie publique, elle doit rappeler que la manière dont le pouvoir distribue ses bienfaits, dont il investit les uns et use des autres, dont il transforme les institutions en monnaie d’échange, forge la réputation du pays bien au-delà de ses frontières.

La conclusion s’impose d’elle-même : si la politique gabonaise est décrite comme du folklore par les étrangers, c’est davantage la faute de qui gouvernent qui, au lieu d’honorer, choisisse parfois volontairement d’avilir le peuple, tout en favorisant les étrangers. Cette sortie doit également favoriser la prise de contacts des ceux qui décident afin de transformer la pratique de la politique dans ce pays. Il ne devrait plus être tolérer d’ouvrir les portes au premier venu, et veiller à l’élaboration de lois strictes et rigides à la fois contre les l’entrée des étrangers dans le pays et encore plus contre leur intégration dans le milieu politique au Gabon. Car, les citoyens gabonais méritent mieux que la caricature que d’anciens privilégiés en rapportent en souvenir. 

Il est temps d’en tirer toutes les conséquences, en resserrant les règles de naturalisation, de nomination et d’accès aux hautes responsabilités, en exigeant des comptes à ceux qui ont prospéré sans jamais rendre gorge, et surtout en refondant une pratique politique qui  peut ne se résume pas, en effet, à la seule danse pour se faire élire. Car tant que ce spectacle perdure, chaque expatrié en mal de reconnaissance, de retour chez lui, pourra en retirer la même anecdote facile.  Et le Gabon continuera de payer, dans l’humiliation, le prix d’une gouvernance qui nourrit sa propre risée.

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