
Libreville, le 5 novembre 2026 – (Dépêches 241). Lors du Café Presse organisé le samedi 31 octobre dernier par l’APIC Gabon à la résidence hôtelière Flanna B, Harold Leckat, journaliste, juriste de formation et directeur de publication de Gabon Media Time, a plaidé pour un renforcement de la sécurité juridique et institutionnelle des entreprises de presse gabonaises.
Intervenant après l’exposé du Dr Crépin Gwodog sur les enjeux de l’assurance, il a rappelé qu’un média est aussi une structure économique, qui investit, emploie et assume des risques financiers, juridiques et institutionnels. « Une entreprise peut assurer ses locaux, son matériel, ses salariés ou sa responsabilité civile. Mais aucune police d’assurance ne peut totalement la protéger contre l’imprévisibilité institutionnelle, l’insécurité juridique ou l’arbitraire », a-t-il souligné.
Une fragilité aux effets sur l’indépendance éditoriale
Appuyé sur son ouvrage Entreprendre au Gabon : sous la brimade institutionnelle (éditions Jets d’Encre), il a dénoncé les lenteurs administratives, les engagements contractuels non respectés et les difficultés des entrepreneurs à faire valoir leurs droits.
Selon lui, cette vulnérabilité pèse particulièrement sur le secteur médiatique. « Lorsqu’une entreprise de presse devient économiquement vulnérable, son indépendance éditoriale peut aussi le devenir », a-t-il averti.
Un pacte national fondé sur des obligations réciproques
Pour y répondre, Harold Leckat a réaffirmé sa proposition d’un pacte national pour l’entrepreneuriat libre et engagé. Ce pacte reposerait sur des devoirs partagés à savoir sécurité juridique, respect des engagements et protection contre l’arbitraire du côté de l’État ; rigueur, transparence et responsabilité du côté des entrepreneurs. « L’objectif n’est pas d’opposer l’État et l’entreprise. Il est de les réconcilier autour de la confiance », a-t-il précisé.
Écartant toute logique de règlement de comptes, il a résumé son engagement en une formule. « Ce qui m’intéresse aujourd’hui n’est pas la revanche. C’est la réforme »
Par cette intervention, le directeur de publication de Gabon Media Time entend nourrir le débat sur la pérennité des entreprises privées, la protection de l’entrepreneuriat et l’indépendance économique des médias gabonais.







