Retour des anciens ministres à l’hémicycle : Ntoutoume Leclercq brandit l’article 74 et renvoie Onanga Ndiaye à ses chères études 

Sur son interpellation des anciens membres du gouvernement absent à l’hémicycle, Camélia Ntoutoume-Leclercq rappelle Onanga Ndiaye à la rigueur des textes © Dépêches 241

Libreville, le 5 novembre 2026 – (Dépêches 241). L’interpellation publique des anciens membres du gouvernement sommés de regagner l’hémicycle avant le 13 novembre vient de recevoir une réponse qui dépasse largement le cadre d’une susceptibilité personnelle. En invoquant expressément l’article 74 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq oppose au président de l’institution, Michel Régis Onanga Ndiaye, une disposition qu’il aurait manifestement dû prendre le soin de rappeler avant toute sortie publique. En quelques lignes, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale ramène ainsi le débat à son véritable fondement : le respect du délai réglementaire et la maîtrise des textes par ceux qui sont chargés de les faire appliquer.

La déclaration de Michel Régis Onanga Ndiaye, accordant jusqu’au 13 novembre aux anciens ministres pour regagner leurs sièges à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de susciter des réactions. Parmi les personnalités concernées figure Camélia Ntoutoume-Leclercq, députée du premier arrondissement de Ntoum, relevée de ses fonctions gouvernementales le 11 octobre 2026. 

Une interpellation publique qui révèle un défaut de lecture des textes

Sur sa page Facebook, l’ancienne ministre a choisi de répondre non par la polémique, mais par le droit. « Je voudrais simplement vous inviter à prendre connaissance de l’article 74, afin que chacun puisse apprécier la situation à la lumière des dispositions qui encadrent la question », écrit-elle. 

Une invitation qui, sous ses apparences de courtoisie, sonne comme une sérieuse leçon de procédure adressée au président de la représentation nationale. Car, avant de fixer publiquement des échéances et d’adopter un ton comminatoire, encore faut-il s’assurer de la conformité de sa démarche avec les dispositions réglementaires applicables.

L’article 74, le rappel juridique qui met le président de l’Assemblée à l’épreuve

Le cœur de la démonstration tient dans l’article 74 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Celui-ci prévoit que le député nommé membre du gouvernement regagne les bancs de l’institution après avoir accompli les formalités administratives, dans un délai d’un mois. Cette disposition n’est pas accessoire, elle encadre précisément les conditions et le calendrier du retour du parlementaire à l’exercice de son mandat après la cessation de ses fonctions gouvernementales. Or, Camélia Ntoutoume-Leclercq ayant été relevée de ses fonctions le 11 octobre, le délai d’un mois n’arrivait à échéance que le 11 novembre. Au 5 novembre, date de sa réaction, celui-ci était donc toujours en cours. 

En demandant, « Sommes-nous déjà le 11 novembre 2026 pour qu’il soit question de me fixer un ultimatum ou d’adopter un ton comminatoire à mon égard ? », l’élue souligne précisément cette antériorité. La nuance mérite d’être relevée.

Si l’échéance du 13 novembre fixée par le président intervient bien après le terme réglementaire, sa communication publique, avant même l’expiration du délai individuel, pouvait donner le sentiment que les intéressés étaient déjà en défaut. C’est là que réside la faiblesse de son intervention,  avoir privilégié l’injonction publique là où une lecture rigoureuse du règlement commandait d’abord de rappeler le cadre juridique.

La leçon de responsabilité institutionnelle à l’endroit du président de la deuxième chambre

La portée de cette mise au point est d’autant plus importante qu’elle vise le président de l’Assemblée nationale, et non un simple acteur du débat politique. Michel Régis Onanga Ndiaye occupe une fonction qui lui impose une connaissance précise des textes organisant le fonctionnement de l’institution qu’il dirige. Il ne peut ignorer que l’autorité attachée à sa fonction ne l’affranchit ni du respect des procédures ni de l’exigence de précision juridique. 

L’article 74 aurait donc dû constituer son premier point de référence avant toute interpellation publique des anciens ministres redevenus députés. En ce sens, Camélia Ntoutoume-Leclercq le renvoie, avec une sobriété qui n’en atténue pas toutefois la fermeté, à une responsabilité élémentaire. Celle de maîtriser le règlement intérieur dont il est le premier garant institutionnel. 

La question n’est pas de contester le principe du retour des députés dans l’hémicycle, mais de veiller à ce que ce retour s’effectue dans les conditions et les délais prévus par les textes. Car la présidence de l’Assemblée nationale ne saurait se confondre avec un pouvoir d’injonction discrétionnaire.

Dans une institution parlementaire, la fermeté ne se mesure pas à la tonalité des avertissements, mais à la fidélité aux règles qui fondent l’autorité de ses dirigeants. En invitant publiquement Michel Régis Onanga Ndiaye à prendre connaissance de l’article 74, Camélia Ntoutoume-Leclercq lui rappelle une évidence que la fonction devrait pourtant rendre incontournable. Avant de rappeler les députés à l’ordre, le président de l’Assemblée nationale doit lui-même donner l’exemple de la rigueur réglementaire. 

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