Référendum: laissés pour compte en ce temps de Transition, les jeunes dits des Mapanes pensent à voter NON 

Les jeunes du Mapane réunis il y’a quelques jours pourraient voter Non au regard du peu d’intérêt dont font montre les autorités de la transition à leur égard ©DR

Libreville, le 11 novembre 2024 – (Dépêches 241). Dans des vidéos abondamment relayées sur plusieurs forums WhatsApp, des jeunes, majoritairement issus des quartiers défavorisés, manifestent leur mécontentement par rapport au peu de considération dont ils feraient face, de la part des autorités de la Transition. Une situation qui les pousse aujourd’hui à brandir la menace de voter pour le NON lors du référendum constitutionnel prévu le 16 novembre prochain.

Alors que la campagne électorale pour le référendum constitutionnel bat son plein depuis quelques jours et que les Partis politiques, la société civile et les associations s’emploient à donner clairement des consignes de vote, une autre voix se fait entendre ces derniers temps : celle de nombreux jeunes issus des quartiers défavorisés, appelés vulgairement « le Mapane ». 

Dans plusieurs vidéos circulant dans différents groupes WhatsApp, on peut y voir des jeunes, à visage découvert, manifestant leur colère et leur mécontentement face à l’oubli dont ils seraient victimes de la part des nouvelles autorités du pays. « Jusqu’à présent est-ce le Président du CTRI a pensé aux Mapanes ? Non. Ce que nous voulons aujourd’hui pour nous les jeunes, c’est que s’il n’y a pas suffisamment d’industries dans le pays, il y a l’armée qui est là. On a des jeunes qui peuvent être à l’armée et l’armée, c’est la retraite, c’est seulement cela qu’on demande à l’État », a d’abord indiqué l’un des porte-voix de ces jeunes.

Refusant une étiquette qui leur est régulièrement accrochée, celle de rebelles, d’opposants, d’anarchistes ou des hors-la-loi, ces jeunes ont tenu à rappeler que « nous ne sommes pas des adversaires pour l’État (…) Il y a un point culminant, c’est le référendum. Nous ne pouvons pas aller dire OUI au référendum si nous ne sommes pas satisfaits. Si dans cette Constitution , nous ne trouvons pas notre compte pourquoi irons-nous dire OUI au référendum ? », s’est interrogé le porte-parole devant son auditoire qui semblait entièrement épouser son discours.

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Ces jeunes, résidant essentiellement dans les quartiers déshérités, affectueusement appelés Mapanes, semblent désormais conditionner leur vote en faveur du OUI par un geste ou des actions significatives de la part des autorités de Transition à leur endroit. « Pour que nous allions voter OUI au référendum, il faudrait que l’on puisse d’abord voir ce qu’on appelle les prémisses. S’il n’y a pas de prémisses je ne vois pas pourquoi nous allons nous engager à voter pour le OUI », a répété le même porte-parole.

Tout en remerciant, Hervé Patrick Opiangah, politique et capitaine d’industrie à qui ils reconnaissent la gratitude et le soutien dont il fait souvent montre les concernant, les jeunes de Mapane ont une nouvelle fois exhorté l’ancien ministre des Mines à se rapprocher du président de la Transition afin de plaider leur cause dans l’espoir que Brice Oligui Nguema porte un regard sur leur condition et leur donne la possibilité d’exister dans ce contexte exceptionnel de transition. « Nous invitons Hervé Patrick Opiangah qui reconnaît avoir dépensé de l’argent pour l’équilibre et la stabilité de cette capitale , situation du reste connue par le président de la République actuel, de trouver une solution pour cette jeunesse actuelle et pour notre avenir », a indiqué un leader des Mapanes. 

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