Gabon: quand un proche du pouvoir fouette et humilie des compatriotes lors d’une distribution de tee-shirts à l’effigie du « Bâtisseur »

Le conseiller Juste Parfait Moubamba alias Bung Pinz ici avec le président de la Transition, fouettant dans l’image à droit (Chemise blanche) les populations demandant les tee-shirts © DR

Libreville, le 2 avril 2025 – (Dépêches 241). Un événement récent illustre une fois de plus la dérive de certains membres du cercle du pouvoir en place au Gabon. Bung Pinz, ancien activiste devenu proche du régime de Transition, a choqué l’opinion publique par son comportement lors d’une distribution de tee-shirts à l’effigie du « Bâtisseur », dans le cadre de la campagne présidentielle de 2025. Conseiller du ministre de la Culture et réputé pour sa proximité avec le Général Oligui Nguéma, il s’est livré à une scène d’une rare violence en plein rassemblement populaire, en fouettant la population tel un esclavagiste pour des tee-shirts à l’effigie du Président-Candidat.  

Face à une foule rassemblée pour recevoir des tee-shirts de campagne du Président de la Transition, Bung Pinz, ancien activiste connu pour son manque de finesse, va se vautrer dans une réaction aussi inattendue qu’indigne et offensante. Dans un geste de mépris absolu, il a sorti sa ceinture et s’est mis à fouetter certaines compatriotes massés autour de lui en attente d’un tee-shirt du Président-Candidat. Comme si cela ne suffisait pas, les tee-shirts ont été jetés à terre sans la moindre considération, forçant la population à se baisser pour les ramasser, un acte qui a suscité un profond sentiment d’humiliation parmi les témoins de la scène.

Ce triste épisode traduit l’arrogance et l’impunité dont jouissent désormais ces nouveaux pouvoiristes qui se targuent d’être du cercle restreint de Brice Clotaire Oligui Nguema. Comment expliquer qu’un individu naguère présenté comme un exilé politique au Congo, soit non seulement réhabilité, mais aussi promu à un poste aussi influent ? Une nomination qui ne repose en réalité sur aucune compétence particulière si ce n’est celle d’avoir fait des lives en pleine forêt contre l’ancien Président Ali Bongo Ondimba. Ce scandale en dit long sur les méthodes de gouvernance d’un régime qui prône le renouveau, tout en recyclant des figures opportunistes, brutales, avides de pouvoir et sans discernement. 

Loin d’incarner un changement positif, l’attitude de Bung Pinz symbolise le mépris d’une nouvelle caste de pouvoiristes sans teneur ni hauteur qui ne se sont redevables de rien devant le peuple. Ce genre de comportement ne devrait pas être anecdotique : il reflète une mentalité de domination et de soumission, où le peuple est perçu comme un simple instrument de propagande, non comme un acteur politique respecté. Des attitudes qui s’inscrivent dans le même sillage du régime avilissant d’Ali Bongo, combattues par ces derniers, mais reprises et amplifiées par ces mêmes dénonciateurs d’hier. 

Si cette affaire ne suscite aucune réaction officielle, elle risque d’être perçue comme un simple fait divers, alors qu’elle illustre un problème plus profond : la perpétuation d’une culture politique où l’humiliation et l’autoritarisme sont banalisés. En ces temps de Transition, le Gabon est à la croisée des chemins. S’il aspire réellement à un renouveau démocratique, il lui faudra rompre avec ces pratiques d’un autre âge et imposer des exigences d’exemplarité à ceux qui prétendent le gouverner. Car au-delà de Bung Pinz, c’est bien la crédibilité du pouvoir lui-même qui est en jeu et avec lui, son premier responsable,  Brice Clotaire Oligui Nguema. 

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