FIFA Series 2026 : derrière les absences de certains cadres, la question sensible des primes non payées ?

Quand l’ombre des primes non versées plane sur certaines absences de plusieurs cadres

Libreville, le 26 mars 2026 – (Dépêches 241). À l’heure où les Panthères du Gabon s’apprêtent à disputer les FIFA Series 2026 face à l’Ouzbékistan demain 27 mars, puis Trinidad et Tobago le 30, une ombre tenace plane sur la préparation de l’équipe nationale. L’absence remarquée de plusieurs cadres, Mario Lemina, Denis Bouanga, Pierre-Emerick Aubameyang, soulève des interrogations que les explications officielles peinent à dissiper. Derrière les raisons diplomatiquement formulées, des indiscrétions concordantes évoquent une réalité plus prosaïque et potentiellement plus grave : des primes de participation à la CAN 2025 au Maroc qui n’auraient, à ce jour, toujours pas été honorées.

Vendredi 20 mars 2026. Anicet Yala, sélectionneur national intérimaire, dévoile devant la presse la liste des joueurs retenus pour le mini-tournoi organisé dans le cadre des FIFA Series. Parmi les absences notables, celles de Lemina, Bouanga, Aubameyang. Des noms qui constituent, à eux seuls, l’épine dorsale offensive et le leadership expérimenté des Panthères. Pour Aubameyang, la version officielle parle d’un besoin de recul, d’une volonté de l’ancien Stéphanois de se concentrer sur son club le temps d’une réflexion personnelle. Formulée avec les égards diplomatiques d’usage, cette explication n’a pas entièrement convaincu les observateurs les plus attentifs du football gabonais. Car dans les coulisses, une tout autre lecture circule, plus âpre et moins confortable.

Une frustration née d’une affaire de prime qui couve depuis le Maroc

Selon des indiscrétions recueillies dans l’entourage proche de plusieurs membres du groupe, le malaise remonterait à la dernière Coupe d’Afrique des Nations disputée au Maroc. À l’issue de la compétition, joueurs, staff technique et encadrement auraient dû percevoir une prime de participation promise par le Chef de l’État lui-même. Or, à ce jour, cette prime ne leur aurait pas été versée. Une seule contrepartie financière aurait effectivement été honorée avant le coup d’envoi de la compétition à savoir la prime de regroupement à Casablanca, estimée à environ trois millions de francs CFA. Le reste, semble-t-il, serait demeuré lettre morte. 

Le cas Poko, un exemple symptomatique du  malaise existant ? 

L’un des cas qui illustre le mieux cette situation est celui d’André Biyogo Poko. L’ancien Girondin figurait bien sur la liste initiale communiquée il y a quelques jours par Anicet Yala. Convoqué, attendu, il n’a pourtant pas rejoint le groupe en Ouzbékistan. Selon les mêmes sources, Poko aurait décliné sa convocation pour les mêmes raisons que celles non dites officiellement par d’autres absents à savoir des engagements financiers de l’État non tenus.

 Bien que l’information n’ait pas été officiellement confirmée par les parties concernées, la concordance des récits est suffisamment frappante pour mériter considération. Dans un football professionnel où chaque déplacement représente un sacrifice personnel et familial, l’engagement moral d’un athlète envers sa sélection ne peut être durablement entretenu dans le déni ou le report. Il y a, dans ce silence de Poko, quelque chose qui en dit plus long que bien des déclarations.

Une prime promise, un circuit opaque ? 

Ce qui trouble davantage encore, c’est l’opacité entourant le cheminement de ces fonds. Des sources informées font état de tensions budgétaires réelles qui auraient différé les versements. Soit. Les contraintes de trésorerie de l’État gabonais ne sont un secret pour personne au regard de la situation économique et financière critique que traverse le pays n’est pas sans incidence sur la fluidité des paiements publics. Mais il est un point sur lequel ces arguments trouvent leurs limites : la prime de participation à la CAN aurait bel et bien été débloquée en haut lieu, ce qui signifie qu’elle aurait, en théorie, parcouru l’ensemble du circuit budgétaire. Dès lors, la question s’impose d’elle-même : où en est ce versement ? À quel stade du circuit cette enveloppe s’est-elle enlisée, et pourquoi les principaux bénéficiaires n’en ont-ils pas encore vu la couleur ?

Le ministère des Sports doit s’expliquer

À l’heure où le football gabonais s’efforce de retrouver une cohésion et une ambition sportive à la hauteur de son potentiel, il serait légitime que le ministère des Sports et les instances compétentes apportent des clarifications publiques sur cette affaire. Non pour alimenter une polémique, ni pour instruire un procès en intention, mais parce que la crédibilité de la sélection nationale se construit autant dans les vestiaires que dans les enceintes administratives.

Les joueurs qui ont défendu le drapeau gabonais au Maroc nonobstant le résultat, méritent une réponse claire. Et le public qui suit les Panthères avec passion mérite, lui aussi, de comprendre pourquoi certains de ses représentants préférés semblent, en ce moment précis, choisir la distance plutôt que le rassemblement. 

La Fédération Gabonaise de Football et le ministère de tutelle ont les moyens de trancher ce débat. Il ne leur reste plus qu’à le vouloir.

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