Des magistrats traités de « corrompus » après le non-lieu de HPO: Amiang Washington, l’architecte d’une cabale infamante rattrapé par ses propres turpitudes ?

Landry Amiang Washington, dit « LAW Galvanisateur » en traitant de « corrompus » des magistrats ayant lu le droit s’expose t-il à la jurisprudence Foumboula Libeka  © Dépêches 241

Libreville, le 25 mars 2025 – (Dépêches 241). Manifestement déboussolé par l’ordonnance de non-lieu rendue en faveur de l’homme politique et capitaine d’industrie Hervé Patrick Opiangah au terme d’une instruction de seize mois, l’activiste Landry Amiang Washington, dit « LAW Galvanisateur », a décidé de prendre la magistrature gabonaise pour cible. Une sortie aussi bruyante que révélatrice, dont la forme et le fond pourraient dire tout et beaucoup plus sur l’état d’esprit de son auteur que sur l’état réel de la justice.

Dans un live diffusé sur sa plateforme numérique, l’activiste Landry Amiang Washington n’a pas ménagé ses mots. À plusieurs reprises, il a désigné nommément les magistrats ayant rendu et entériné le non-lieu, dont Dick Fabrice Boungou Mickolo, procureur de la République, comme appartenant à une « corporation des corrompus ». Il a également évoqué une prétendue porosité de l’institution judiciaire aux influences extérieures, avant d’annoncer avoir interjeté appel de la décision.

De telles déclarations en réalité, ne sauraient être reçues comme une simple expression d’opinion politique ou citoyenne. Sous d’autres cieux comme au Gabon, la loi incrimine spécifiquement les propos outrageants envers des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions. Qualifier publiquement et collectivement des membres d’une juridiction de « corrompus » constitue une injure publique caractérisée, susceptible de poursuites disciplinaires et pénales. La corporation judiciaire ne saurait laisser un tel affront sans réponse institutionnelle. Son silence pourrait être interprété, à tort, comme un aveu.

Au-delà de la qualification juridique, c’est surtout la dangerosité symbolique de tels propos qu’il faut souligner. En semant le doute sur l’intégrité des magistrats qui ont simplement lu le droit, Landry Amiang Washington attaque la confiance des citoyens dans leur propre appareil judiciaire. Dans un pays où la justice est déjà fragilisée dans sa perception publique, injurier délibérément l’autorité d’une décision judiciaire régulièrement rendue relève presque d’une entreprise de decrédibilisation institutionnelle.

 Un dossier bâti sur du vide: le paradoxe des poursuites contre HPO

Pour mesurer la profondeur des contradictions de Landry Amiang Washington, il convient de revenir à l’origine de l’affaire. Tout a commencé par une accusation de viol présumé portée contre Hervé Patrick Opiangah par son ex-compagne, justifiéé selon la paquet par une plainte supposément déposée le 14 novembre 2024. Mais le fondement même de cette accusation s’est rapidement effondré sous le poids d’un fait capital. La supposée victime, en l’occurrence la propre fille de l’homme d’affaires, a fermement et publiquement nié avoir été violée, sous quelque forme que ce soit. Elle ne s’est pas arrêtée là, cette dernière a porté plainte contre les auteurs de cette infâme accusation, dont Landry Amiang Washington. 

En droit, ce constat aurait dû suffire à clore le dossier. Pas de victime, pas de plaignant constitué, pas d’éléments matériels constitutifs des infractions visées, pas d’aveu. Le néant procédural le plus absolu. Or, contre toute logique juridique, le Parquet a maintenu les poursuites. Pis, une plainte a été déposée postérieurement au déclenchement même de l’action publique, une inversion chronologique sidérante qui a fini par jeter une ombre durable sur la régularité de la procédure. Une procédure profondément pervertie par le parjure en mondovision du maître des poursuites de l’époque, Bruno Obiang Mve, dans la conduite de ce dossier.

Ainsi, pendant seize mois, un homme a été instruit sans victime, sans plaignant initial, sans infraction constituée. Et lorsque les magistrats, après avoir scrupuleusement examiné ces béances procédurales, rendent un non-lieu,  seule décision juridiquement tenable, on voudrait faire croire qu’ils sont corrompus ? L’accusation est non seulement infondée, mais elle est absurde et profondément déshonorante. 

L’un des hommes derrière la cabale : La peur du retour de manivelle ? 

Car il est important de le rappeler, Landry Amiang Washington n’est pas un observateur extérieur de cette affaire. Il en est, selon des informations convergentes, l’un des principaux architectes. C’est lui qui a alimenté, amplifié et médiatisé la campagne de dénigrement et d’accusation contre Hervé Patrick Opiangah, transformant ce qui aurait dû rester une affaire judiciaire en spectacle de lynchage numérique. Certaines sources indiquent même la présence de l’activiste, pourtant civil, sur le théâtre des opérations militaires relatif à la traque contre Hervé Patrick Opiangah, notamment la nuit du 20 novembre 2024 au moment de l’assaut des forces de défense et de sécurité au domicile de HPO. 

Or, l’intéressé ne l’ignore pas, des plaintes avec constitution de partie civile ont depuis été déposées contre lui, à la fois par Hervé Patrick Opiangah lui-même et par sa fille Élisabeth Opiangah, celle-là même dont il avait fait l’étendard de sa croisade. Voilà qui pourrait expliquer, mieux que tout autre argument, la virulence incontrôlée de sa sortie. Ce que Landry Amiang Washington exprime avec des mots de prétoire, c’est la panique d’un homme qui voit le boomerang revenir vers lui. Sa violence verbale n’est pas le signe d’une conscience indignée. C’est sans doute la traduction d’une angoisse bien personnelle.

Car le non-lieu ne signifie pas seulement que HPO est disculpé. Il signifie aussi que la procédure judiciaire peut désormais s’intéresser à ceux qui ont orchestré une mise en cause aussi fragile juridiquement qu’agressive médiatiquement. Landry Amiang Washington le sait. Et c’est précisément cela qu’il tente de noyer sous un torrent d’invectives.

L’Argument  juridique inconsistant: L’absence de confrontation  

Dans son intervention, Landry Amiang Washington a avancé un argument qui se voulait juridique, l’absence de confrontation entre lui et Hervé Patrick Opiangah lors de l’instruction. Il y verrait la preuve d’une instruction bâclée ou orientée.

Ce raisonnement révèle une méconnaissance, une mauvaise foi ou une inculture criarde, sur le fonctionnement de la procédure pénale. La confrontation n’est pas un acte d’instruction obligatoire. Elle est ordonnée à la discrétion du juge d’instruction, lorsqu’il l’estime utile à la manifestation de la vérité, et uniquement entre personnes mises en cause ou entre mis en cause et témoins. Si Landry Amiang Washington n’a pas été confronté à HPO, c’est peut-être simplement parce que les éléments à charge qu’il prétendait détenir n’ont pas été jugés suffisamment pertinents par le magistrat instructeur pour le justifier.

Que Landry Amiang Washington interprète cette absence comme un vice de procédure révèle surtout l’orgueil blessé d’un homme qui pensait peser davantage dans cette affaire qu’il n’en avait le droit. Sa posture de victime d’une justice aux ordres sonne faux quand on se souvient qu’il était, au fond, non pas une partie au procès, mais un agitateur extérieur ayant cru pouvoir s’ériger en procureur du peuple.

Un appel à la dignité de la corporation  

La magistrature gabonaise est une institution. Elle a ses failles certes, comme toute institution humaine, et la critique citoyenne qui s’y exerce dans la légalité est saine et nécessaire. Mais être une institution, c’est aussi se défendre avec les armes de l’institution. Les propos de Landry Amiang Washington ne relèvent pas du débat. Ils relèvent de l’affront. Traiter collectivement des magistrats de « corrompus » à la suite d’une décision judiciaire régulièrement rendue, sans preuve, sans nuance et dans le seul dessein de défendre une cause personnelle, c’est franchir une ligne que la corporation judiciaire doit refuser de laisser impunie.

Le syndicat national des magistrats du Gabon, et les instances disciplinaires compétentes ont ici un rôle à jouer. Le silence institutionnel face à une telle sortie serait une capitulation à la lumière notamment de la jurisprudence Geoffroy Foumboula Libeka. Il appartient au corps judiciaire de rappeler, par les voies appropriées, que la justice se rend au nom du peuple gabonais, et qu’elle ne se laisse pas insulter, piétiner et dénigrer au nom d’une déception militante motivée par le peur d’un retour de manivelle que l’intéressé pense certainement inéluctable.

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