PAM et le Comex maintenu par la CAF et la FIFA: le putsch administratif de Kessany neutralisé par les instances internationales 

Pierre Alain Mounguegui conforté par la FIFA et la CAF mettant fins au tribulations de la tutelle

Libreville, le 9 Mai 2026 – (Dépêches 241). Dans un communiqué conjoint d’une portée considérable, la FIFA et la CAF ont signifié à Libreville ce que les manœuvres ministérielles n’avaient pu effacer : le Comité exécutif de la Fegafoot demeure en place, Pierre-Alain Mounguengui en assure la présidence jusqu’au 31 décembre 2026, et les autorités gabonaises sont formellement invitées à délivrer aux ligues et associations leurs documents administratifs. Une décision qui sonne, pour le ministère des Sports, comme un désaveu aussi net que solennel.

Il n’est pas anodin que ce soit depuis Zurich et Le Caire que soit venue la réponse aux turbulences des tribuns instrumentalisés dit-on par la tutelle et qui ont agité le football gabonais ces derniers mois. Dans un communiqué conjoint, la FIFA et la CAF ont officiellement prolongé le mandat du Comité exécutif de la Fédération gabonaise de football jusqu’au 31 décembre 2026, date à laquelle devront se tenir les élections fédérales dans un cadre que les deux institutions entendent voir scrupuleusement respecté. 

Une décision internationale aux accents de verdict

Pierre-Alain Mounguengui demeure à la tête de l’instance, et les démembrements de la Fegafoot, ligues et associations, sont expressément appelés à recevoir de la part des autorités gabonaises les documents administratifs qui leur ont été jusqu’alors refusés. La portée de ce communiqué déborde largement le registre sportif : il s’agit d’une injonction adressée à un État, formulée avec la courtoisie protocolaire des grandes institutions, mais dont la teneur ne saurait souffrir d’interprétation équivoque.

L’agrément retenu, le scrutin bloqué : une séquence à rebours du droit

Pour saisir la pleine mesure de ce désaveu, il convient de rappeler la chronologie des faits. La Fegafoot avait déposé son récépissé dès le 3 mars, en vue d’obtenir l’agrément technique du ministère des Sports, démarche réglementaire préalable à la tenue de son processus électoral. Cet agrément ne fut jamais accordé. Pis, la tutelle brandit progressivement l’argument de la non-conformité des ligues pour justifier la suspension du scrutin fédéral, entraînant dans son sillage la mise en attente du Comité National Olympique du Gabon.

La manœuvre était habile, la ruse finaude. Mais l’intention sous-jacente dans la démarche du ministre était de mettre en place un comité de normalisation, une sorte de mise sous administration provisoire de la fédération au profit d’une direction plus accommodante où on caserait copain-coquin et consanguins. Mais c’était sans compter sur la rigueur des statuts internationaux, qui prohibent toute ingérence gouvernementale dans les affaires des fédérations membres sous peine de suspension. La manœuvre, aussi habile fût-elle dans sa construction bureaucratique, se heurtait à une frontière que ni le ministère ni le gouvernement ne pouvaient franchir impunément.

Le CNOG tenu, le Comex maintenu : le ministère face à ses propres contradictions

La suite des événements a achevé de révéler l’inconsistance de la position ministérielle. Le Comité National Olympique du Gabon, pourtant inclus dans le même périmètre de blocage invoqué par la tutelle, a finalement tenu son élection, scrutin à l’issue duquel le Général Florian Mbangou Mbembo a été porté à sa tête. Cet épisode, traité comme une simple normalité institutionnelle, a mis en lumière le caractère sélectif et erratique de la suspension décidée par le ministère. Désormais, avec la décision conjointe de la FIFA et de la CAF, c’est l’édifice entier de l’argumentaire ministériel qui vacille. 

Le maintien de Pierre-Alain Mounguengui et l’injonction faite aux autorités gabonaises de régulariser la situation administrative des démembrements de la Fegafoot constituent, ensemble, un camouflet dont la discrétion du langage diplomatique ne saurait atténuer la brutalité du fond. 

Paul Kessany, qui avait semblé miser sur l’usure et la contrainte administrative pour remodeler le paysage fédéral, se trouve aujourd’hui face à une réalité que les instances mondiales du football ont contribué, sans équivoque, à clarifier, et à imposer. 

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