
Libreville, le 31 mars 2026 – (Dépêches 241). Le juge des référés de Libreville a rendu sa décision ce mardi 31 mars 2026 : il n’est pas compétent pour trancher le litige né de l’élection à la tête de la Fegafoot. Une fin de non-recevoir qui ne doit rien au hasard, et tout à la solidité d’une défense qui, avec trois avocats affûtés, a rappelé au prétoire quelques évidences que le plaignant semble avoir négligées.
L’affaire avait tout du bras de fer annoncé. Le Dr. Axel Nguema Edou, candidat écarté de la course à la présidence de la Fédération gabonaise de football pour « irrégularités » dûs à sa candidature, avait choisi d’en découdre sur le terrain judiciaire en saisissant en urgence le juge des référés. Son grief central, une violation alléguée du principe de l’égalité des armes, imputable à l’opacité supposée de la Fegafoot sur la composition exacte du collège électoral.
En l’absence de communication de la liste exhaustive des entités habilitées à parrainer les candidatures, condition imposée par l’article 31 des Statuts et l’article 8 du Code électoral, le plaignant estimait être contraint de courir à l’aveugle dans un processus dont les règles du jeu lui auraient été dissimulées. Une argumentation qui, en théorie, n’était pas dénuée de substance. Seulement, le droit a ses propres règles du jeu. Et le droit manifestement a été compris et dit par le juge des référés.
La stratégie juridique de la défense fait mouche
Face au Dr. Nguema Edou et à ses conseils, la Fegafoot et sa Commission Électorale ont aligné une défense à trois têtes, dont la convergence a fait toute l’efficacité. Avant même que le juge ne s’interroge sur le fond, les avocats de l’instance faîtière ont soulevé une exception d’incompétence, c’est-à-dire une fin de non-recevoir au seuil même du prétoire. L’argument était simple, mais dévastateur dans sa rigueur. Les litiges de nature électorale au sein des organisations sportives ne relèvent pas de l’ordre judiciaire étatique, mais des juridictions arbitrales sportives spécialisées.
Dis autrement, le tribunal n’avait pas à se prononcer sur le fond, parce qu’il n’était tout simplement pas à la bonne adresse ni à la bonne porte. C’est le principe fondamental de l’autonomie des organisations sportives et le recours aux instances arbitrales que les trois conseils de la Fegafoot ont rappelé avec une précision dont le juge a, visiblement, pris acte.
Le tribunal s’incline, le TAS pour entrer en scène ?
La décision rendue par le juge des référés est néanmoins sans ambiguïté. Le juge des référés a suivi point par point l’argumentaire de la défense et s’est déclaré incompétent pour connaître du litige. Il renvoie ainsi les parties vers les juridictions à compétence spéciale, à commencer par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), dont le siège lausannois deviendra, selon toute vraisemblance, la prochaine scène de ce bras de fer. Car le camp du Dr. Nguema Edou ne s’avoue pas vaincu pour autant.
C’est en tout cas ce qu’a affolé le plus agité de tous les candidats à l’élection de la Fegafoot. « Nous sommes dans les délais pour faire intervenir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) avant l’échéance du 18 avril 2026 », a-t-il déclaré. C’est donc à Lausanne si Nguéma Edou va au bout de sa logique et non à Libreville, que se jouera la deuxième manche d’un litige qui, désormais, quitte le droit gabonais pour entrer dans l’espace du droit sportif international.







